Dr Cherifa Abdelbaki à CapDz  – « Il faut mettre en lumière les risques environnementaux pour pouvoir les traiter »

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Bakhta Bacha
Mettre en évidence les risques environnementaux qui affectent les ressources hydriques algériennes et favoriser l’émergence de solutions concrètes : telle est l’ambition de l’IC-TWEP 2026, organisée à Tlemcen du 26 au 29 octobre. Pour la Dre Cherifa Abdelbaki, organisatrice de cette conférence internationale, l’enjeu est de faire de la pollution des cours d’eau transfrontaliers une préoccupation partagée par les chercheurs, les institutions et les acteurs chargés de la gestion de l’eau.

« L’objectif principal de cette conférence est de mettre en lumière les problèmes environnementaux auxquels l’Algérie est confrontée, en raison des substances déversées dans des cours d’eau transfrontaliers dont les eaux proviennent d’un pays voisin avant de s’écouler vers notre territoire », explique-t-elle.
Cette problématique concerne particulièrement le bassin de l’oued Mouilah et les ressources hydriques qui lui sont associées, notamment la nappe de Maghnia et le barrage de Hammam Boughrara. Au-delà de la dégradation de la qualité des eaux, les risques de contamination posent la question de la protection durable des ressources mobilisées pour les besoins des populations et des activités agricoles.

Faire converger recherche et action

La conférence entend ainsi créer un espace de dialogue entre les scientifiques, les organismes publics et les partenaires socio-économiques. Les communications universitaires doivent permettre de mieux cerner les mécanismes de pollution, d’en évaluer les conséquences et d’identifier les pistes d’intervention adaptées aux réalités du terrain.
La présence de représentants des institutions chargées de la gestion de l’eau et de la prévention des risques majeurs traduit cette volonté de rapprocher les connaissances scientifiques des décisions opérationnelles. Les expériences internationales présentées durant les travaux offrent également des pistes de réflexion sur les modalités de coopération nécessaires à la gestion des bassins partagés.
Pour l’organisatrice, l’essentiel est de rendre visible cette problématique afin qu’elle puisse être prise en charge. La pollution des cours d’eau transfrontaliers ne saurait être considérée comme une question exclusivement locale, dès lors que ses effets se répercutent sur plusieurs territoires et sur des ressources hydriques stratégiques.

La coopération, une nécessité

La troisième journée de la conférence doit notamment donner lieu à des communications scientifiques, à des ateliers de travail et à une table ronde consacrée à l’Institut africain de l’eau et de l’énergie. Des universitaires et des représentants des partenaires socio-économiques sont attendus pour approfondir les échanges et partager leurs connaissances.
À travers cette rencontre, les organisateurs souhaitent contribuer à une meilleure compréhension des risques liés aux eaux transfrontalières et encourager des réponses à la hauteur des enjeux. Car, face à une pollution qui ne s’arrête pas aux frontières, la connaissance scientifique, la concertation institutionnelle et la coopération entre les territoires concernés constituent des leviers essentiels pour préserver durablement les ressources hydriques.