Bakhta B
La préservation de l’eau ne peut plus se satisfaire de diagnostics répétés sans déboucher sur des mesures concrètes. En marge de la deuxième journée de la conférence internationale IC-TWEP 2026, consacrée à la protection des cours d’eau transfrontaliers et à la prévention de la pollution environnementale, Merzoughi Touhami, enseignant-chercheur et directeur du laboratoire de recherche de chimie et sciences de l’environnement (LCSE) à l’université Tahri Mohamed de Béchar, appelle à une mobilisation effective de l’ensemble des acteurs concernés.
Pour cet expert-consultant en ressources en eau et en environnement, l’urgence est désormais de transformer les connaissances scientifiques en mécanismes d’intervention capables de répondre aux menaces qui pèsent sur les ressources hydriques.
« Les rencontres scientifiques ne doivent plus se limiter à parler des problèmes et à exposer les différentes problématiques. Le temps est venu de réunir les universitaires, les professionnels, les administrations et la société civile autour d’un objectif commun : trouver des solutions concrètes, chacun à partir de sa position et de ses compétences », insiste-t-il dans une déclaration à CapDz.
Sortir la recherche des laboratoires
Au-delà de la qualité des échanges scientifiques, Merzoughi Touhami retient notamment la diversité des approches développées lors de cette rencontre, où les questions hydriques ont été abordées sous leurs dimensions scientifique, politique et culturelle. Une pluralité de regards qui, à ses yeux, doit permettre de dépasser les analyses sectorielles pour inscrire la gestion de l’eau dans une démarche collective, en cohérence avec les impératifs du développement durable.
Mais cette ambition suppose, selon lui, de resserrer les liens entre la recherche universitaire et les acteurs directement confrontés aux réalités du terrain. Les travaux scientifiques ne peuvent remplir pleinement leur mission s’ils demeurent confinés aux publications et aux espaces académiques. Ils doivent être valorisés, partagés avec les institutions concernées et mobilisés dans l’élaboration de réponses adaptées aux problèmes constatés.
« Nous devons faire en sorte que les résultats de nos recherches ne restent pas dans les tiroirs. Il faut les porter sur le terrain, travailler avec les administrations et les accompagner dans la recherche de solutions et de mécanismes d’intervention », plaide-t-il. L’enjeu est notamment de préserver les ressources superficielles et souterraines, aussi bien dans leur quantité que dans leur qualité.
L’eau, un enjeu majeur des tensions à venir
La question des eaux de surface transfrontalières constitue, à cet égard, l’un des enjeux majeurs mis en lumière par la conférence IC-TWEP 2026. Le partage de ces ressources, leur protection contre les différentes formes de pollution et la coordination des interventions entre les parties concernées imposent, estime l’universitaire, de dépasser les approches strictement théoriques pour privilégier des mécanismes de coopération et d’action.
Son avertissement est sans équivoque : l’eau pourrait devenir l’un des principaux facteurs de tensions dans les années à venir. « Elle risque de devenir plus précieuse que le pétrole, voire que l’or, et de constituer un facteur majeur de conflits », prévient-il.
Face à cette perspective, Merzoughi Touhami appelle à une meilleure articulation entre expertise scientifique, décision administrative et intervention sur le terrain. Car, au-delà des débats et des constats, la véritable portée d’une rencontre scientifique se mesure aussi à sa capacité à faire émerger des réponses applicables. Dans un contexte où la protection des ressources hydriques devient un impératif environnemental et stratégique, la recherche doit ainsi contribuer directement à éclairer la décision et à préserver durablement ce bien vital.




