Fatima Benyekhlef 

Au terme de quatre jours de débats scientifiques réunissant des représentants de 35 pays à Tlemcen, l’Algérie affiche son ambition de faire de la recherche scientifique un véritable levier de protection de ses ressources hydriques. Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, a appelé à dépasser le stade des recommandations universitaires pour engager des projets opérationnels, renforcer les dispositifs d’alerte précoce et consolider la coopération scientifique autour des eaux transfrontalières.

La protection des ressources hydriques ne saurait se limiter aux déclarations d’intention. Elle exige des capacités scientifiques, des outils technologiques performants et, surtout, des réponses concrètes aux menaces qui pèsent sur les écosystèmes aquatiques. C’est le message porté par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, à l’occasion de la clôture, jeudi à Tlemcen, de la Conférence internationale sur la protection des cours d’eau transfrontaliers et la prévention de la pollution environnementale (IC-TWEP 2026).

Dans une allocution lue en son nom par Fatima Ayoudj, représentante de la Direction générale de la recherche scientifique et du développement technologique, le ministre a réaffirmé la détermination de l’Algérie à mobiliser l’ensemble des moyens scientifiques et techniques disponibles pour préserver ses ressources en eau et anticiper les risques de pollution.

Au-delà de cet engagement, Kamel Baddari a surtout insisté sur la nécessité de donner une traduction pratique aux travaux de recherche. Pour lui, l’efficacité de la démarche dépendra de la capacité à transformer les résultats scientifiques et les recommandations formulées par les experts en solutions applicables sur le terrain, à travers des programmes durables répondant aux besoins réels des populations et aux impératifs de préservation des équilibres écologiques.

De la recherche aux applications de terrain

Le ministre a, dans ce sens, mis en avant le rôle stratégique des universités, des laboratoires et des centres de recherche dans la surveillance de la qualité des eaux, le développement des technologies de prévention et la mise en place de mécanismes d’alerte précoce.

L’exploitation de données scientifiques fiables doit notamment permettre d’améliorer l’évaluation des risques et d’éclairer les décisions des institutions chargées de la gestion des ressources hydriques.

Il a également appelé à valoriser les conclusions de cette rencontre internationale par le lancement de projets de recherche communs, tout en encourageant les échanges de données et d’expertise entre les établissements scientifiques. Une démarche qui concerne aussi bien les eaux de surface que les nappes souterraines partagées entre plusieurs pays.

La coopération scientifique comme impératif

Réunissant des participants de 35 pays durant quatre jours, l’IC-TWEP 2026 a également constitué, selon le ministre, une occasion de consolider les passerelles entre chercheurs, experts et institutions spécialisées. La gestion des ressources hydriques transfrontalières impose, a-t-il souligné, une approche fondée sur la science, la responsabilité partagée et la solidarité internationale.

Kamel Baddari a ainsi plaidé pour une coordination accrue entre les structures universitaires et les organismes concernés par la protection de l’environnement, estimant que les défis liés à la pollution ne peuvent être relevés sans une mobilisation collective et un partage effectif des connaissances.

En définitive, le ministre a rappelé que préserver l’eau revient à protéger la vie, l’environnement et les conditions de développement des générations futures. Un impératif qui place désormais la recherche scientifique face à une exigence majeure : dépasser les constats et contribuer directement à la sécurisation durable des ressources hydriques.