
Wassila. B
Voilà un signal fort que les Algériens attendaient depuis des années. Alors que les épreuves du baccalauréat, session juin 2026, ont débuté ce dimanche 7 juin, une bonne nouvelle de taille a agréablement secoué le pays : la connexion internet n’a pas été totalement coupée. Fini le temps des blocages généralisés pendant cinq jours, qui paralysaient l’économie, pénalisaient les citoyens et donnaient à notre pays une image archaïque d’un autre âge. Cette année, l’Algérie a choisi l’intelligence plutôt que la facilité.
Le ministère de l’Éducation nationale, mérite tous les éloges. En optant pour des coupures ciblées, limitées strictement aux centres d’examen et à leurs abords immédiats, le ministère a su conjuguer impératif de sécurité des épreuves et respect des libertés économiques et sociales des Algériens. Les banques, les commerces en ligne, les télétravailleurs, les étudiants et les familles peuvent enfin vaquer à leurs occupations sans subir le lourd tribut d’une coupure générale aussi brutale qu’inutile. Cette décision prouve que notre État est capable d’évoluer, d’écouter les critiques constructives et d’adapter ses méthodes sans renoncer à ses objectifs.
Car il ne s’agit en aucun cas d’un relâchement. Le ministre l’a rappelé avec fermeté : la connexion est coupée pendant la durée des épreuves dans chaque centre et à proximité immédiate, neutralisant ainsi toute tentative de diffusion frauduleuse des sujets via les réseaux sociaux. Par ailleurs, l’interdiction formelle des téléphones portables et autres appareils électroniques à l’intérieur des centres, sous peine de sanctions sévères, reste en vigueur. Cette double barrière, technique et réglementaire, garantit l’intégrité du baccalauréat, cet examen sacré qui demeure le principal vecteur d’égalité des chances dans notre pays.
Saluons le courage politique de cette décision. Les gouvernements précédents, par facilité ou par peur, avaient pris l’habitude de couper internet en totalité, préférant une solution brutale mais simple à gérer. Cette année, l’exécutif a fait preuve d’une maturité remarquable : la technologie n’est pas l’ennemie de l’éducation, à condition de l’encadrer intelligemment.
Il faut également souligner l’effort de pédagogie accompli par le ministre Sadaoui et son département. En expliquant publiquement et en amont la nouvelle stratégie, en rassurant les candidats sur le contenu des sujets ( strictement conformes aux programmes) et en rappelant avec clarté les sanctions encourues par les fraudeurs, le ministère a placé la responsabilité et la confiance au cœur du dispositif. Cette approche, fondée sur la prévention et la transparence plutôt que sur la suspicion généralisée, est infiniment plus respectueuse des centaines de milliers de candidats honnêtes qui représentent l’immense majorité. La formation des surveillants et l’équipement des centres en brouilleurs de dernière génération devront être poursuivies. Mais le cap est désormais clair : l’Algérie moderne ne peut plus se permettre des solutions héritées d’une époque révolue. L’économie numérique est une réalité, et les coupures générales d’internet sont incompatibles avec notre ambition de devenir un hub digital régional.


