Habib Benaouda
La wilaya d’Oran a été, ce samedi, le théâtre d’une séquence politique particulièrement marquante dans le cadre de la campagne des législatives de 2026, avec la tenue simultanée de deux rassemblements majeurs organisés par deux formations de premier plan. Une configuration inédite qui a mis en lumière l’intensité de la compétition électorale et l’importance stratégique de la capitale de l’Ouest dans les équilibres du scrutin à venir.
D’un côté, le secrétaire général du Front de libération nationale, Abdelkrim Benmbarek, animait un meeting à la salle Cinéma Maghreb, en plein cœur du centre-ville. De l’autre, le président du Front El Moustakbal, le Dr Fateh Boutbig, prenait la parole devant ses partisans à la salle Es-Saâda, située à quelques encablures seulement. Cette proximité géographique exceptionnelle a conféré à la journée une dimension de confrontation politique quasi directe entre les deux formations.
Ce voisinage immédiat entre deux événements d’envergure a transformé le centre d’Oran en un véritable espace de démonstration politique à ciel ouvert. Chaque parti a cherché à affirmer sa capacité de mobilisation, à travers l’affluence enregistrée, la structuration des militants et la force des messages adressés à l’électorat. En parallèle, les artères avoisinantes ont connu une animation inhabituelle, portée par les flux de sympathisants, de militants et de simples curieux.
Dans son intervention, Fateh Boutbig a insisté sur la dynamique que connaît son parti à l’échelle nationale, mettant en avant son implantation progressive dans plusieurs wilayas et appelant à une plus grande implication de la jeunesse et des compétences dans la vie publique. Il a également présenté les grandes lignes du programme électoral du Front El Moustakbal, tout en valorisant les profils de ses candidats, dans une logique de projection vers les prochaines échéances législatives.
En face, le Front de libération nationale a misé sur son capital historique et sur la stature de son secrétaire général pour consolider sa base militante. Le meeting a été marqué par une forte mobilisation des cadres locaux et des sympathisants, avec un discours centré sur le bilan du parti au sein des institutions élues et sa place dans le paysage politique national.
Pour de nombreux observateurs, cette séquence oranaise illustre une montée en puissance de la compétition entre les grandes formations politiques, engagées dans une bataille serrée pour la conquête des sièges parlementaires, particulièrement dans une wilaya considérée comme un baromètre électoral à l’échelle nationale.
Au-delà de la démonstration de force et des discours de campagne, l’enjeu central demeure la capacité de ces partis à transformer cette mobilisation visible en suffrages effectifs le jour du vote. C’est dans les urnes que se jouera, en définitive, l’issue réelle de cette confrontation politique, dont Oran aura offert une illustration saisissante entre la salle Es-Saâda et le Cinéma Maghreb, symboles d’un duel électoral à forte intensité.



