Meriem B

La bataille autour du Sahara occidental ne se joue pas seulement sur les terrains diplomatique et politique. Elle se livre aussi dans l’espace informationnel, devenu un véritable champ de confrontation où la maîtrise des récits pèse de plus en plus sur les perceptions et l’opinion publique. C’est l’un des principaux enseignements de l’intervention de Nefai Ahmed Mohamed, journaliste et secrétaire général de l’Union générale des travailleurs sahraouis, lors de la première journée de l’Université d’été de l’Organisation nationale des journalistes algériens (ONAJ), organisée à Oran sous le thème « Les médias nationaux face aux guerres des récits ».

Pour le responsable sahraoui, la puissance d’un récit ne se mesure ni à son volume ni à sa visibilité immédiate, mais à sa capacité à résister aux manipulations et à l’épreuve du temps. « Les récits les plus forts ne sont pas les plus bruyants, mais ceux qui ont la capacité de résister », a-t-il souligné.

Le média, nouveau champ de confrontation

L’essor des réseaux sociaux, des algorithmes et des stratégies d’influence a profondément transformé le rôle des médias. Désormais, ceux-ci ne constituent plus seulement un « quatrième pouvoir », mais participent directement à la construction des perceptions, à l’orientation des débats et à la formation de l’opinion.

Dans ce nouvel environnement, Nefai Ahmed Mohamed appelle les médias à renforcer leurs capacités professionnelles et à investir pleinement les nouveaux espaces numériques, sans perdre de vue les fondamentaux du métier : vérifier, documenter et établir les faits.

Il a, dans ce contexte, salué l’initiative de l’ONAJ et rendu hommage à la presse algérienne, qu’il considère comme ayant historiquement accompagné les causes de libération et constitué de véritables « forteresses de la liberté ». Il a également salué les journalistes algériens qui ont contribué à porter la voix du peuple sahraoui.

Sahara occidental : l’accès à l’information au cœur de la bataille

Abordant directement la question sahraouie, le responsable a dénoncé les restrictions que, selon lui, subissent les journalistes et les délégations étrangères dans les territoires sahraouis. L’accès à l’information constitue, à ses yeux, un enjeu central dans cette bataille des récits.

Rendant hommage aux journalistes et militants sahraouis détenus, il a estimé qu’ils « paient le prix de la parole libre ». Face aux tentatives visant, selon lui, à brouiller les repères et à jouer « entre les lignes », il revendique une position sans ambiguïté : « Nos lignes sont claires, nos objectifs sont nobles et c’est sur cette base que nous avançons. »

À travers son intervention, Nefai Ahmed Mohamed a ainsi placé le journalisme au cœur d’un rapport de force qui dépasse largement les frontières médiatiques. Pour lui, face aux récits fabriqués et aux stratégies d’influence, la crédibilité demeure la meilleure ligne de défense.

En conclusion, il a adressé ses salutations aux journalistes sahraouis et réaffirmé sa conviction que la parole libre ne saurait être durablement étouffée : « On ne peut faire taire une voix tant que l’Algérie va bien. »