M. B
Le numérique est devenu un nouveau front pour les médias algériens. Face à la transformation rapide des habitudes de consommation de l’information, les médias sont appelés à repenser leur présence sur les plateformes digitales et à investir les espaces où se concentre désormais une large partie du jeune public. Pour le chercheur, inventeur et créateur de contenu, Dr Mohamed Doumir, cette adaptation n’est plus facultative. « Être présents sur les plateformes où se trouve la jeunesse est devenu un devoir et non un choix », a-t-il déclaré à CapDZ, en marge de la première journée de la première édition de l’Université d’été de l’Organisation nationale des journalistes algériens (ONJA), organisée à Oran sous le thème « Les médias nationaux face aux guerres des récits ».
Un nouvel espace de confrontation des récits
Pour Mohamed Doumir, l’enjeu dépasse largement la simple modernisation des outils de communication. Le paysage numérique constitue désormais un espace majeur de confrontation des récits, où les médias algériens doivent être capables de faire entendre leur voix face à une circulation massive de contenus, d’informations erronées et de récits qu’il qualifie d’hostiles et de mensongers.
Selon lui, ces contenus peuvent contribuer à dégrader l’image des Algériens et à influencer les représentations, les perceptions et les orientations de la jeunesse. D’où l’urgence, estime-t-il, de jeter les bases d’une nouvelle approche médiatique intégrant pleinement les mutations technologiques et les changements profonds dans les comportements du public.
Cette transformation doit concerner l’ensemble du secteur, de la presse écrite à l’audiovisuel, en passant par les médias numériques. Elle doit également, selon l’intervenant, favoriser la complémentarité entre les générations. L’expérience accumulée par les journalistes chevronnés doit pouvoir se conjuguer avec les pratiques et les nouveaux codes maîtrisés par les jeunes professionnels et créateurs de contenus.
Aller chercher le public sur son terrain
Mais pour Doumir, le véritable défi réside aussi dans le choix des espaces de diffusion. « L’objectif fondamental des médias est de fabriquer l’information et la conscience chez les gens », souligne-t-il, considérant que l’évolution des usages impose de suivre le public là où il se trouve.
Il relève notamment la montée en puissance de TikTok, qui tend, selon son analyse, à supplanter Facebook dans les usages numériques d’une partie importante du public algérien. Une évolution qui impose aux institutions médiatiques, publiques comme privées, de développer des contenus adaptés à ces nouvelles plateformes.
Le message de Mohamed Doumir est donc sans ambiguïté : dans la bataille contemporaine de l’information, produire un contenu de qualité ne suffit plus. Encore faut-il savoir où le diffuser, sous quelle forme et auprès de quel public. Pour les médias algériens, la conquête des nouveaux territoires numériques apparaît ainsi comme l’un des principaux défis de leur avenir.




