Habib Benaouda 

Le Front de libération nationale (FLN) semble traverser une zone de turbulences à Bir El Djir. La section locale fait face, depuis quelque temps, à une série de départs de militants et de sympathisants, certains ayant choisi de rejoindre le parti Tajamou Amel El Djazair (TAJ). Quelques élus auraient également suivi le mouvement. Une recomposition qui, au-delà de son aspect organisationnel, pourrait peser lourdement sur les équilibres politiques et électoraux dans l’une des communes les plus importantes de la wilaya d’Oran.

D’après des informations recueillies auprès de l’entourage du parti, plusieurs militants ayant quitté le FLN évoquent des « pressions » et une forme de « mise à l’écart » qu’ils attribuent à certains responsables de la formation. Ils considèrent que le climat qui prévaut au sein de la section ne leur permettrait plus de poursuivre leur activité politique dans les conditions souhaitées. Leur départ apparaît ainsi comme l’aboutissement d’un malaise qui, s’il venait à s’amplifier, pourrait accentuer les difficultés du parti à maintenir sa cohésion locale.

Le phénomène prend une dimension particulière à l’approche des prochaines échéances électorales. À Bir El Djir, le poids démographique de la commune et son potentiel électoral en font un territoire particulièrement convoité par les formations politiques. La perte de militants disposant d’un ancrage dans les quartiers et de réseaux de relations avec les citoyens ne saurait donc être considérée comme un simple mouvement interne sans conséquences.

TAJ en position de récupérer le terrain

Le choix de TAJ par une partie des déçus du FLN ne semble pas relever du hasard. Le parti avait réussi à enregistrer une présence remarquée lors des dernières élections législatives à Bir El Djir, en bénéficiant notamment de ses relais dans la zone de Sidi El Bachir, administrativement rattachée à la commune. C’est précisément de cette zone qu’était issu l’un de ses anciens militants qui, après avoir rejoint TAJ, avait réussi à décrocher un siège à l’Assemblée populaire nationale.

Cette implantation constitue aujourd’hui un point d’appui pour TAJ, qui cherche à transformer une présence électorale en véritable ancrage politique local. L’arrivée de militants et de figures ayant auparavant activé au sein du FLN pourrait lui permettre d’élargir progressivement son réseau et de renforcer sa capacité de mobilisation sur le terrain.

Pour le FLN, l’enjeu est donc loin de se limiter à une succession de départs individuels. Derrière chaque adhésion se profile potentiellement la perte d’un relais, d’un réseau relationnel et d’une capacité de mobilisation. Dans une commune où les équilibres électoraux peuvent se jouer sur des écarts relativement faibles, la maîtrise de ces réseaux de proximité constitue un avantage stratégique.

La prochaine bataille pourrait ainsi se jouer autant dans les coulisses des partis que sur le terrain. Constitution des listes, choix des têtes de liste, recrutement des figures locales, capacité à fédérer les militants et mobilisation des électeurs seront autant de paramètres susceptibles de redessiner le paysage politique de Bir El Djir.

À ce stade, le mouvement reste encore difficile à mesurer dans toute son ampleur. Mais si les départs enregistrés au sein du FLN devaient se poursuivre et alimenter une véritable dynamique de transferts vers TAJ ou d’autres formations, ils pourraient accélérer une recomposition des forces politiques locales.

À l’approche des élections locales, Bir El Djir pourrait ainsi devenir l’un des principaux théâtres de cette bataille d’influence. Plus que le nombre d’adhésions, c’est désormais la capacité de chaque formation à conserver ses réseaux, attirer les figures de terrain et transformer son implantation en force électorale qui déterminera le rapport de forces.