
La rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, a déclaré la complicité de certains médias occidentaux dans le génocide perpétré par l’occupation sioniste à Ghaza et en Cisjordanie, pointant, dans un nouveau rapport, un ensemble de pratiques sionistes qui entravent la liberté d’informer et l’accès à la vérité, ce qui relève, selon elle, d’un « médiacide ».
Intitulé « La vérité sous les déclins », ce rapport, qui sera présenté lundi prochain devant l’Assemblée générale des Nations unies, identifie trois formes d’atteintes : l’élimination délibérée des journalistes palestiniens d’une partie, dans le but de priver le monde de témoins des crimes sionistes à Ghaza, ainsi que le rôle joué par certains segments des médias sionistes dans « la normalisation et la promotion de la haine, l’incitation au génocide et sa négation » d’autre part. En troisième lieu, le rapport pointe « le rôle joué par les médias internationaux influents et les plateformes numériques dans la mise à l’écart des voix palestiniennes et la reproduction des discours (sionistes) et la normalisation des contre-vérités juridiques, ce qui finit par légitimer les atrocités ».
La première partie de son rapport compile les crimes sionistes commis directement à la rencontre des journalistes palestiniens et de leurs proches.
Près de 300 journalistes assassinés à Ghaza en trois ans, et plus de 400 autres blessés. Au moins 70 d’entre eux portaient des gilets ou casques de presse, ou circulaient à bord de véhicules professionnels clairement identifiables comme tels.
Les domiciles et bureaux des journalistes sont si souvent pris pour cible par l’armée sioniste que le rapport relève que les travailleurs de la presse peinent à louer des locaux, professionnels ou privés, car les propriétaires craignent qu’ils ne deviennent la cible d’attaques. Les proches des journalistes sont également la cible de menaces et d’attaques répétées de l’armée de l’occupation, avec plus de 710 d’entre eux assassinés depuis octobre 2023.
« Les attaques militaires contre les journalistes s’accompagnent exclusivement de campagnes de diffamation ayant pour mais de les présenter comme des cibles militaires légitimes », dénonce le rapport, qui pointe également des intimidations systématiques et l’emprisonnement de journalistes, avec plus de 100 d’entre eux incarcérés depuis 2023, dont 30 sont encore en détention. Le rapport renvoie aux nombreuses autres études qui ont révélé la torture subie par les prisonniers palestiniens, et souligne que les séquelles des sévices subis en prison constituent un frein à la reprise d’activité des journalistes libérés.
La seconde partie du rapport de Francesca Albanese porte sur la campagne incitative au génocide menée par l’entité sioniste, et notamment par l’intermédiaire de ses médias. Les médias sionistes « ne se contentent pas de relayer ou d’amplifier ces discours. Dans de nombreux cas, ils incitent à révéler la violence, y compris au génocide, contribuant ainsi à la normalisation des atrocités criminelles », affirme l’auteur du rapport, dénonçant les restrictions drastiques à l’accès aux médias étrangers imposées par l’entité sioniste.
Le troisième axe développé par le rapport est la responsabilité des médias traditionnels occidentaux. Analysant la couverture de ces médias, le document décrit des « tentatives d’influence de l’opinion publique par la sélection de contenus, par leur diffusion à grande échelle et par d’autres formes de déformation ».
Cette partialité s’explique d’abord par le fait que la plupart de ces médias puisent abondamment dans les sources sionistes, relayant des éléments de langage, une lecture de la situation et parfois même des allégations et fausses informations avancées par la partie sioniste.
Dans l’ensemble de ces pratiques, Francesca Albanese pointe des répercussions concrètes, comme la suspension du financement de l’UNRWA par plusieurs pays, et une tentative de façonnage de l’opinion publique qui est exposée à « une répartition inégale de l’empathie » et à « un système qui fixe quelles voix sont entendues et quelles souffrances sont reconnues ». La rapporteuse de l’ONU souligne que ce traitement médiatique n’est pas seulement un relais indirect, mais qu’il relève indirectement de la violence génocidaire sioniste à l’encontre du peuple palestinien.



