Habib Benaouda
Au cœur du centre-ville d’Oran, le marché de la rue des Aurès, anciennement La Bastille, attend toujours sa réhabilitation. Dégradations des sols, vétusté des réseaux d’assainissement et conditions d’hygiène préoccupantes fragilisent progressivement ce haut lieu du commerce populaire, dont la rénovation se heurte notamment à la délicate question du transfert temporaire des commerçants.
L’état des lieux témoigne de l’urgence d’une intervention. Dans les allées du marché, les sols détériorés et les eaux stagnantes compliquent les déplacements des clients. Les infiltrations d’eaux usées, auxquelles s’ajoutent les écoulements issus du nettoyage des commerces, notamment des poissonneries, favorisent la persistance de mauvaises odeurs et la prolifération des insectes et des rongeurs. L’accumulation des déchets et le manque d’éclairage dans certaines parties accentuent davantage les désagréments, soulevant des interrogations sur les conditions d’hygiène et de sécurité dans cet espace très fréquenté.
Un projet confronté à des contraintes
Au-delà de la remise à niveau des infrastructures, la réhabilitation du marché suppose une réorganisation de ses espaces commerciaux. L’installation anarchique de tables et la présence de vendeurs occupant les passages réduisent la fluidité des déplacements et entravent la circulation des chalands. Ces encombrements se répercutent également sur les voies environnantes, notamment les axes débouchant sur les rues Larbi Ben M’hidi et Mohamed Khemisti, déjà soumis à une pression importante.
L’opération envisagée devrait ainsi englober la réfection des sols, le renouvellement des réseaux d’assainissement, l’amélioration de l’éclairage et une meilleure répartition des espaces de vente. Le maintien de l’architecture ancienne figure également parmi les orientations avancées, afin de préserver l’identité de ce marché emblématique du paysage urbain oranais.
Mais la concrétisation du projet reste étroitement liée à une difficulté majeure : où installer les commerçants durant les travaux ? Pour nombre d’entre eux, tout déplacement comporte le risque de perdre une partie de leur clientèle et de voir leur activité affectée. L’éventualité d’un transfert provisoire vers le marché Michelet a déjà été évoquée, sans emporter une adhésion suffisante. La mise à disposition d’un site de remplacement adapté, assortie d’un calendrier précis et d’engagements sur les délais d’exécution, apparaît dès lors indispensable.
Un financement annoncé, des échéances à préciser
Une enveloppe de 300 millions de dinars est évoquée pour la réhabilitation, dont une première tranche estimée à 75 millions de dinars. Toutefois, les modalités de lancement et le calendrier des travaux restent à préciser.
Parallèlement, la perspective de transformer la rue des Aurès en un espace multifonctionnel est également avancée, avec le maintien de l’activité commerciale en journée et le développement d’animations culturelles et touristiques, de restaurants et de cafés en soirée.
Reste à traduire ces ambitions en réalisations concrètes. Car au-delà du chantier, la renaissance du marché passe par une gestion durable, un entretien régulier et une meilleure organisation des activités. Autant de conditions nécessaires pour préserver les intérêts des commerçants et restituer à ce lieu historique sa place dans la vie économique et sociale d’Oran.




