Déchets nucléaires au Sahara : l’Algérie agit, la France se dérobe

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Wassila. B

En ce 1er novembre, date du 72e anniversaire du déclenchement de la Révolution algérienne, l’État a lancé, à In Ekker, dans la wilaya de Tamanrasset, une deuxième opération d’assainissement des déchets radioactifs et chimiques abandonnés par la France. Mobilisant exclusivement des moyens et des compétences nationaux, sous la supervision du ministère de la Défense nationale (MDN), cette initiative porte un message clair : l’Algérie prend en charge les conséquences d’une pollution dont elle n’est pas responsable.

Entre 1960 et 1967, la France a réalisé dix-sept essais nucléaires dans le Sahara, dont quatre atmosphériques et treize souterrains, à Reggane et In Ekker. Soixante-six ans après, les sites restent contaminés, les déchets radioactifs menacent toujours les populations et constituent un frein au développement de régions entières du Grand Sud. Cet héritage empoisonné continue ainsi de peser sur la santé des habitants et l’avenir de leurs territoires.

Face à cette situation, Paris persiste dans son refus de transmettre l’intégralité des plans et cartes localisant les zones où ont été enfouies une centaine de tonnes de déchets radioactifs et chimiques. Pourtant, ces documents sont indispensables à toute opération efficace de dépollution. On ne peut assainir un territoire à l’aveugle, encore moins lorsqu’il s’agit de protéger des populations exposées depuis des décennies. Le contraste est d’autant plus frappant que la France a consenti à une certaine ouverture de ses archives concernant la Polynésie. Pour le Sahara algérien, l’opacité demeure, malgré les appels répétés du président Tebboune à assumer cette responsabilité historique et à participer au nettoyage des sites.

L’injustice concerne également les victimes. Pratiquement aucun Algérien n’a obtenu réparation auprès des autorités françaises, tant les procédures d’indemnisation sont complexes et restrictives. Preuve de présence dans une zone précise, respect de critères temporels et démonstration du lien entre pathologie et exposition : autant d’exigences difficiles, voire impossibles à satisfaire plus de six décennies après les faits. En novembre 2023, la justice administrative française a même rejeté des recours de proches de victimes décédées pour cause de prescription. Ainsi, les conséquences d’une contamination peuvent durer des milliers d’années, mais les délais pour obtenir réparation expirent en quelques décennies. Une contradiction qui heurte profondément le principe même de justice.

Les associations et les populations riveraines dénoncent cancers, malformations et maladies chroniques. Cette réalité sanitaire impose davantage de transparence, l’ouverture des archives et une véritable reconnaissance des préjudices.

Pendant que la France se dérobe, l’Algérie agit. Une agence nationale œuvre à la réhabilitation des anciens sites. La loi du 24 décembre 2025 criminalisant la colonisation française inscrit également la décontamination et l’indemnisation parmi les exigences de réparation. Sur le terrain, ingénieurs, militaires et techniciens identifient les zones contaminées, collectent les déchets et les confinent dans des conteneurs en béton, conformément aux normes internationales.