Fatima B.
L’État entend changer d’échelle dans sa lutte contre les bandes de quartier. Au-delà des interventions sécuritaires menées quotidiennement sur le terrain, les pouvoirs publics misent désormais sur une stratégie nationale destinée à inscrire cette bataille dans une démarche globale, articulée autour de la prévention, de l’anticipation et de la coordination entre les institutions.
C’est dans cette perspective que le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a présidé mardi au Palais du Gouvernement une réunion de la Commission nationale de prévention et de lutte contre les bandes de quartier, consacrée à l’examen du projet de plan d’action chargé de traduire cette stratégie en mesures opérationnelles.
Dès l’ouverture des travaux, le ministre a tenu à rappeler que l’action contre les bandes de quartier ne date pas d’aujourd’hui. Les services de sécurité et les autorités judiciaires poursuivent leur mobilisation de manière continue. Le nouveau dispositif vise toutefois à donner davantage de cohérence à cette action en s’attaquant aux facteurs qui favorisent l’émergence de cette forme de criminalité.
Le plan d’action, a-t-il expliqué, se veut avant tout un instrument de terrain. Il repose sur des programmes concrets, accompagnés d’outils de suivi et d’évaluation, afin de mesurer leur efficacité. L’approche retenue mobilise plusieurs leviers – sécuritaire, social, éducatif, culturel, économique et numérique – avec l’ambition de privilégier la prévention plutôt que la seule réaction après les faits.
Pour le ministre, la sécurisation des quartiers constitue un enjeu qui dépasse le maintien de l’ordre public. Elle participe à la protection des jeunes, au renforcement de la cohésion sociale et à la consolidation de la confiance des citoyens envers les institutions. C’est sur ces résultats concrets que sera appréciée l’efficacité de la stratégie.
Les membres de la Commission nationale ont, de leur côté, formulé plusieurs propositions destinées à enrichir le plan d’action. Les discussions ont mis en évidence la nécessité d’une coordination renforcée entre les administrations centrales, les collectivités locales et l’ensemble des acteurs concernés afin d’assurer une mise en œuvre efficace des mesures retenues.
En conclusion, Saïd Sayoud a salué les contributions des différents secteurs impliqués dans l’élaboration de la stratégie nationale. Il a indiqué que la prochaine étape sera consacrée à son adoption par le Gouvernement, avant son déploiement progressif sur le terrain. À travers cette feuille de route, les pouvoirs publics affichent leur volonté de faire de la prévention un pilier durable de la politique de sécurité, tout en consolidant l’autorité de l’État au sein des quartiers.

