Habib Benaouda
La commune de Bir El Djir, l’une des plus importantes de la wilaya d’Oran par son poids démographique et son dynamisme urbain et économique, s’apprête à vivre un tournant politique majeur. À quelques heures de la séance consacrée à l’élection d’un nouveau président de l’Assemblée populaire communale (APC), prévue ce jeudi, les tractations s’intensifient au sein de l’hémicycle communal, où chaque voix pourrait s’avérer déterminante.
Cette échéance intervient après la déclaration de vacance du poste de président de l’APC, consécutive à la suspension de Rezki Chehreddine par le wali d’Oran. Son absence prolongée et la cessation de l’exercice de ses fonctions ont contraint les autorités à enclencher la procédure légale visant à assurer la continuité de la gestion communale.
À mesure que l’heure du scrutin approche, les négociations gagnent en intensité. Jusqu’au cœur de la nuit, les élus ont multiplié les rencontres, aussi bien individuelles que collectives, afin de tenter de rallier les indécis et de faire pencher la balance. Le conseil communal apparaît aujourd’hui partagé entre deux visions de la gouvernance locale.
D’un côté, le président de l’APC par intérim, Tahari Houari, élu du Front El Moustakbal, défend la carte de la continuité. Soutenu par plusieurs conseillers, il met en avant la nécessité de préserver la stabilité de l’institution municipale et de garantir la poursuite des projets engagés, dans un contexte où toute crise politique pourrait affecter le fonctionnement normal du service public.
En face, Djamel Zerdane, élu du Rassemblement national démocratique (RND), incarne l’alternative. Fort de l’expérience acquise durant trois mandats successifs au sein de l’assemblée communale, il fait valoir la nécessité d’insuffler une nouvelle dynamique à la gestion communale. Son camp semble avoir gagné du terrain au fil des dernières consultations, alors que les discussions se poursuivent pour convaincre les élus encore indécis.
Une vacance de poste encadrée par la loi
Cette recomposition politique trouve son origine dans le rapport adressé par le chef de daïra de Bir El Djir au wali d’Oran. Le document constate que le président de l’APC n’a pas repris ses fonctions malgré l’instruction du ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports ordonnant à l’ensemble des présidents d’APC d’écourter leurs congés et de regagner immédiatement leurs postes, en raison de l’état d’alerte lié aux incendies de forêt et aux circonstances exceptionnelles que connaît le pays.
À l’inverse, les autorités relèvent que le président de l’APC de Sidi Chahmi s’est conformé à cette instruction en reprenant normalement l’exercice de ses fonctions.
Sur le plan juridique, l’opération repose sur les dispositions de la loi n°11-10 relative à la commune. L’article 65 fixe les modalités d’installation du président de l’APC à l’issue des élections locales, tandis que l’article 71 encadre l’élection d’un nouveau président en cas de vacance du poste afin d’assurer la continuité du fonctionnement de l’assemblée. Quant à l’article 75, il énumère les situations pouvant entraîner cette vacance, notamment le décès, la démission, la révocation ou tout empêchement légal faisant obstacle à l’exercice des fonctions.
Un scrutin aux allures de test politique
À quelques heures du vote, l’issue demeure particulièrement incertaine. L’équilibre des forces entre les deux camps rend tout pronostic hasardeux et confère aux voix des élus indécis une importance capitale.
Au-delà de la simple désignation d’un président d’APC, c’est l’orientation politique de l’une des communes les plus stratégiques de la wilaya d’Oran qui se joue. Entre le choix de la continuité et celui d’un changement de cap, la séance de ce jeudi s’annonce comme un véritable test de cohésion et de rapport de forces au sein du conseil communal. Son verdict déterminera non seulement l’identité du futur maire de Bir El Djir, mais aussi la trajectoire que suivra la commune durant la dernière partie du mandat électoral.




