Meriem B 

La numérisation du secteur de la santé dans la wilaya d’Oran entre dans une phase décisive. L’Établissement hospitalier universitaire (EHU) 1er Novembre 1954 a abrité, mercredi, une journée régionale de formation consacrée au nouveau dossier médical électronique (DME), avec la participation de représentants des établissements de santé des wilayas de l’Ouest. L’objectif est désormais clairement fixé : préparer, former et accompagner les personnels pour permettre le déploiement du nouveau dispositif dans un délai maximal de trois mois.

Cette rencontre, organisée sous la supervision du directeur de la santé et de la population de la wilaya d’Oran, Abdallah Kaci, s’inscrit dans la mise en œuvre de la stratégie nationale de transformation numérique du secteur de la santé. Elle marque surtout le passage d’une phase de préparation à une étape opérationnelle, avec l’ambition de faire du dossier médical électronique un outil intégré aux pratiques quotidiennes des établissements sanitaires.

Au-delà de la dimension technique, le chantier engage une véritable évolution dans la manière de gérer l’information médicale, de suivre les patients et de coordonner les soins. Les responsables du secteur insistent ainsi sur la nécessité de ne pas réduire le DME à une simple dématérialisation du dossier papier. Il s’agit de mettre en place un système permettant une exploitation plus fluide, plus structurée et plus efficace des données relatives au patient.

Trois mois pour généraliser le dispositif

« Nous avons commencé la formation », a indiqué Abdallah Kaci, précisant que le déploiement du nouveau dossier médical électronique nécessitera une période de trois mois. Cette échéance implique un vaste programme de formation destiné aux différents acteurs appelés à utiliser le système.

Médecins, personnels paramédicaux, agents administratifs et autres professionnels concernés sont ainsi appelés à se familiariser progressivement avec le nouvel outil. Une première étape est consacrée à la formation des formateurs, avant l’élargissement du dispositif aux personnels des établissements et structures de santé.

Cette approche vise à assurer une appropriation progressive du système et, surtout, à éviter que la généralisation du dispositif ne se heurte à des difficultés liées à la maîtrise de l’outil ou à l’adaptation des pratiques professionnelles.

Le directeur de la santé et de la population a également insisté sur l’importance du suivi après la mise en service. Des évaluations périodiques devront permettre de relever les contraintes rencontrées sur le terrain, d’en mesurer les effets et d’apporter rapidement les solutions nécessaires.

Une démarche qui traduit la volonté de faire du déploiement du DME un processus évolutif, fondé sur l’évaluation et l’ajustement, plutôt qu’une opération ponctuelle limitée à la mise en place d’une nouvelle plateforme.

Un chantier porté par des compétences algériennes

Autre élément mis en avant lors de cette rencontre : le nouveau dossier médical électronique a été conçu par des compétences nationales. Ingénieurs, techniciens et spécialistes algériens ont participé à sa conception et à son développement, avec l’ambition de disposer d’un outil adapté aux besoins du système de santé national.

Pour les responsables présents, cette dimension revêt une importance particulière. Elle permet non seulement de valoriser l’expertise nationale dans le domaine de la santé numérique, mais également de disposer de compétences susceptibles d’accompagner l’évolution du système et de répondre aux éventuelles contraintes techniques qui pourraient apparaître lors de son déploiement.

Le directeur général de l’EHU 1er Novembre 1954 d’Oran, Rabah Bar, a rappelé que le dossier médical électronique figure parmi les priorités du ministère de la Santé et constitue l’un des axes majeurs de sa feuille de route.

Selon lui, la rencontre d’Oran devait précisément permettre de réunir les différents acteurs de l’Ouest algérien afin d’avoir une vision commune du processus, d’identifier les défis et d’adapter les modalités d’application aux réalités du terrain.

Du dossier papier à une nouvelle logique de prise en charge

L’enjeu dépasse ainsi la seule modernisation administrative. En permettant une meilleure disponibilité de l’information médicale, le dossier électronique est appelé à faciliter le travail des praticiens et à améliorer la continuité du suivi du patient.

L’accès structuré aux données médicales peut notamment contribuer à faciliter le diagnostic précoce, à améliorer le suivi de l’évolution de l’état de santé et à renforcer la coordination entre les différents intervenants dans la prise en charge.

La numérisation doit également permettre une gestion plus rationnelle de l’information au sein des établissements, en réduisant les contraintes liées à la circulation et à la conservation des dossiers physiques.

Ces avantages ne pourront toutefois se concrétiser qu’à la condition que les personnels soient pleinement accompagnés dans cette mutation. C’est précisément l’un des objectifs de la journée organisée à l’EHU d’Oran, qui a privilégié la formation pratique, les démonstrations et les échanges directs avec les utilisateurs.

Les participants ont ainsi bénéficié d’explications techniques et organisationnelles sur le fonctionnement du DME, tout en pouvant soulever les difficultés et interrogations susceptibles d’accompagner son utilisation.

L’Ouest algérien appelé à avancer d’un même pas

La dimension régionale de la rencontre n’est pas fortuite. La présence des représentants des différentes wilayas de l’Ouest répond à la volonté d’assurer une mise en œuvre cohérente et harmonisée du dispositif.

Il s’agit, selon les responsables, de partager les expériences, de confronter les contraintes et de parvenir à une application homogène du système dans les différentes structures sanitaires. Une coordination régionale d’autant plus nécessaire que le succès du projet dépendra de la capacité des établissements à dépasser les disparités dans les pratiques et les niveaux de préparation.

À l’EHU d’Oran, cette journée de formation a ainsi constitué une étape supplémentaire dans un processus appelé à se poursuivre au cours des prochains mois. L’échéance des trois mois fixe désormais un cap aux équipes chargées du déploiement.

Le véritable test commencera toutefois avec l’entrée du système dans le quotidien des services. C’est sur le terrain, au contact des médecins, des paramédicaux, des administratifs et, en définitive, des patients, que se mesurera la portée réelle de cette transformation.

L’ambition affichée est de parvenir à un dossier médical électronique pleinement opérationnel, évolutif et partagé, capable de moderniser la circulation de l’information médicale et d’accompagner l’amélioration de la qualité des soins.

Une nouvelle étape s’ouvre ainsi pour le système de santé : celle où le numérique ne doit plus seulement être un outil de modernisation, mais devenir un instrument quotidien au service du patient et de l’efficacité des structures sanitaires.