M. B
La Direction générale des Archives nationales entend renforcer la connaissance et la préservation du patrimoine documentaire conservé au niveau des collectivités locales. C’est l’un des principaux axes développés par son directeur général, Mohamed Bounâama, lors de la rencontre régionale organisée dimanche à Oran autour de la gestion des documents d’activité et des archives à l’ère du numérique.
Le responsable a annoncé la préparation d’une cartographie et d’un recensement précis des fonds archivistiques disponibles dans les collectivités locales, en accordant une attention particulière aux documents antérieurs à 1962. Cette opération doit permettre d’identifier les fonds existants, de localiser les documents et de disposer d’un état des lieux nécessaire à leur conservation et à leur valorisation.
UN ENJEU POUR LA MÉMOIRE NATIONALE
Pour Mohamed Bounâama, cette démarche revêt une importance qui dépasse la seule organisation administrative. Les archives constituent une source essentielle pour retracer l’histoire des institutions, comprendre l’évolution des territoires et préserver la mémoire nationale.
Le recensement des documents antérieurs à l’indépendance doit également contribuer à mieux identifier les fonds susceptibles d’éclairer les démarches concernant les archives algériennes conservées à l’étranger. La connaissance du patrimoine documentaire disponible sur le territoire national représente ainsi une étape préalable à tout travail approfondi de recherche et de valorisation historique.
Le directeur général a, par ailleurs, rappelé que la gestion des archives participe directement à la transparence administrative et à l’élaboration des stratégies de décision. À l’appui de son propos, il a évoqué le cas de Sonatrach, dont les archives ont constitué un soutien dans différents contentieux avec des sociétés étrangères, illustrant ainsi la portée économique et juridique de la conservation documentaire.
DES RESPONSABILITÉS À CLARIFIER ET DES COMPÉTENCES À RENFORCER
Le responsable a également insisté sur la nécessité d’impliquer les premiers responsables des administrations dans la gestion des archives. Évoquant une réunion tenue le 28 mai 2024 avec les secrétaires généraux des ministères, il a souligné que la prise en charge des fonds documentaires devait relever d’une responsabilité institutionnelle clairement définie.
Cette orientation vise à renforcer les moyens des services concernés, à améliorer la coordination entre les structures et à développer la formation des personnels. La transformation numérique exige, en effet, des compétences spécifiques et une organisation rigoureuse, depuis la création des documents jusqu’à leur conservation à long terme.
Mohamed Bounâama a également évoqué les travaux relatifs au cadre juridique du numérique, notamment les dispositions concernant les archives électroniques. La mise en place de procédures harmonisées et le respect des normes techniques doivent permettre de garantir l’authenticité, l’intégrité et la traçabilité des documents.
La réflexion portera aussi sur l’organisation des services d’archives au niveau des communes, en tenant compte des difficultés et des besoins constatés sur le terrain. Les recommandations issues des rencontres régionales doivent alimenter une concertation nationale associant les institutions concernées, notamment celles chargées de la fonction publique, du travail et des finances.
À travers ce chantier, la Direction générale des Archives nationales entend poser les bases d’une politique documentaire mieux structurée, conciliant modernisation administrative, transition numérique et préservation de la mémoire nationale.

