
Hafida Benarmas.
La campagne électorale pour les législatives du 2 juillet 2026 s’ouvre ce mardi. Après plusieurs semaines marquées par les dépôts de candidatures, les rejets de dossiers, les recours devant la justice administrative et les remplacements de dernière minute, les acteurs politiques entrent enfin dans le vif du sujet : la rencontre avec les citoyens.
Ces dernières semaines, l’attention s’est davantage portée sur la composition des listes que sur les programmes. Les débats ont souvent tourné autour des candidatures retenues ou écartées, des conditions d’éligibilité et des décisions de l’Autorité nationale indépendante des élections. Pour plusieurs partis, l’exercice n’a pas été de tout repos. Des candidats annoncés avec assurance ont finalement été exclus de la course, obligeant les formations politiques à revoir leurs plans dans l’urgence et à trouver de nouveaux profils pour compléter leurs listes.
Mais désormais, cette étape appartient au passé. Le véritable défi commence aujourd’hui. Car une élection ne se gagne pas dans les bureaux administratifs ni dans les tribunaux. Elle se gagne sur le terrain, au contact des citoyens.
Les candidats disposent de quelques semaines pour convaincre un électorat exigeant et parfois désabusé. Les préoccupations des Algériens sont connues : emploi, pouvoir d’achat, logement, santé, éducation, développement local. Les citoyens n’attendent pas seulement des promesses. Ils veulent des réponses crédibles, des engagements clairs et surtout des responsables capables d’être à l’écoute de leurs préoccupations.
La campagne ne se jouera pas à coups de grands meetings ni à travers la seule profusion d’affiches. Elle se jouera, avant tout sur la capacité des candidats à créer un véritable dialogue avec les électeurs, dans la qualité du contact avec les citoyens, dans la cohérence des discours, et dans la capacité des candidats à sortir d’une communication souvent verticale pour entrer dans une logique d’écoute réelle. L’enjeu est celui de la confiance, une confiance fragilisée par des années de promesses répétées et rarement évaluées sur le terrain.
Beaucoup d’électeurs aspirent aujourd’hui à davantage de proximité, de transparence et de responsabilité. Ils souhaitent voir émerger des représentants capables d’accompagner les transformations que connaît le pays et de placer concrètement le bien-être du citoyen au centre de l’action publique.
Ces élections constituent également un rendez-vous important pour la vie démocratique. Une campagne apaisée, respectueuse des règles et centrée sur les projets plutôt que sur les polémiques contribuerait à renforcer la confiance dans les institutions et dans le processus électoral.
Le 2 juillet prochain, les électeurs auront le dernier mot. D’ici là, la parole est aux candidats. À eux de convaincre, à eux de démontrer qu’ils peuvent porter les attentes de leurs concitoyens et donner du sens à leur engagement politique. Le temps des procédures est derrière nous. Celui de la conviction commence.


