
Wassila. B
L’annonce de l’élargissement de la coopération entre Sonatrach et le géant italien Eni pour la mesure et la réduction des émissions liées à la production de gaz est une nouvelle étape qui mérite d’être saluée. Ce nouvel accord ne se limite pas à une simple déclaration d’intention ; il s’inscrit dans la continuité d’un partenariat stratégique entamé dès 2023. En se focalisant sur des normes internationales pour le monitoring et la quantification des émissions, notamment de méthane, l’Algérie démontre son engagement à adopter les meilleures pratiques du secteur pétrolier et gazier mondial. Cette démarche, qui inclut désormais des projets de reforestation pour la capture naturelle du CO₂, témoigne d’une approche holistique et résolument moderne.
Au-delà de ce partenariat, il est essentiel de reconnaître que cette initiative n’est pas un geste isolé, mais s’inscrit dans une stratégie climatique de long terme. Le groupe Sonatrach a déjà élaboré une feuille de route ambitieuse visant à réduire les émissions de gaz et les fuites de méthane à des niveaux proches de zéro d’ici 2030. Cette stratégie repose sur des piliers solides que sont l’investissement, le renforcement des capacités et le transfert de technologies. Dans ce cadre, un programme environnemental de grande envergure a été lancé, avec notamment un projet forestier colossal de 520 000 hectares, représentant un investissement de 150 milliards de dinars, pour créer des puits de carbone naturels certifiés.
L’Algérie peut également s’enorgueillir d’une longue tradition de prévention environnementale dans son industrie des hydrocarbures. Dès les années 1970, Sonatrach avait anticipé les enjeux climatiques en s’engageant dans la récupération des gaz torchés, un effort qui a valu au pays le prix du Global Gas Flaring Reduction décerné par la Banque mondiale en 2012. Aujourd’hui, cette culture de l’innovation se poursuit avec des projets pionniers comme la séquestration du CO₂ à In Salah, tout en explorant de nouvelles voies comme les projets pilotes d’énergie solaire. Cette constance dans l’action prouve que l’Algérie ne découvre pas les défis climatiques, mais les intègre durablement dans sa politique énergétique.
Ainsi, loin d’être une contrainte, la transition écologique est saisie par l’Algérie comme une opportunité de modernisation et de renforcement de sa position sur la scène énergétique mondiale. Le pays est pleinement conscient de sa responsabilité et du rôle qu’il doit jouer dans la réponse globale au réchauffement climatique, comme l’a souligné le PDG de Sonatrach. En conjuguant performance industrielle et impératifs environnementaux, et en nouant des partenariats solides avec des acteurs comme Eni, l’Algérie affirme sa volonté de concilier souveraineté énergétique, développement économique et durabilité, se positionnant ainsi comme un acteur responsable et incontournable de l’énergie de demain.

