H. Nassira

Les prix de plusieurs légumes amorcent une décrue au marché de gros d’El Kerma, à Oran, portés par une amélioration de l’offre et l’afflux de produits agricoles en provenance de différentes régions du pays. Une tendance que les commerçants espèrent voir se confirmer dans les prochaines semaines, notamment avec l’arrivée attendue des dattes sur les étals, susceptible de renforcer la disponibilité des fruits et d’alléger la pression sur les prix.

La détente est déjà perceptible sur plusieurs produits. La pomme de terre est proposée entre 65 et 80 DA le kilogramme, tandis que la tomate se négocie entre 35 et 120 DA, selon la variété et la qualité. Depuis hier, deux commerçants ont également mis sur le marché des quantités appréciables de bananes, cédées à 400 DA le kilogramme.

Pour Nabil Kouissi, président de la Fédération des commerçants de gros des fruits et légumes, cette évolution s’explique essentiellement par l’amélioration de la production agricole et l’augmentation des volumes disponibles. Le concombre se vend ainsi autour de 50 DA le kilogramme au marché de gros, contre 80 DA pour la courgette. Les différentes variétés de poivrons affichent, quant à elles, des prix oscillant entre 80 et 130 DA le kilogramme.

Le responsable affirme, par ailleurs, que les grossistes s’emploient à maintenir le prix de la pomme de terre sous la barre des 75 DA le kilogramme. L’arrivée des produits agricoles en provenance des wilayas du Sud, particulièrement de Biskra, a contribué à améliorer l’approvisionnement et à consolider l’offre sur le marché.

Cette dynamique pourrait se poursuivre dès novembre prochain avec le lancement de la récolte de la pomme de terre dans la wilaya d’El Oued. L’arrivée de nouvelles quantités devrait ainsi renforcer la disponibilité de ce produit de large consommation et favoriser une nouvelle détente des prix.

Le chou-fleur toujours cher

En dépit du recul enregistré sur plusieurs légumes, le chou-fleur continue de se distinguer par un prix élevé, atteignant 200 DA le kilogramme, alors même que la période actuelle correspond à sa saison de production. Selon Nabil Kouissi, cette situation trouve son origine dans les dommages occasionnés aux cultures par les fortes chaleurs estivales.

Les températures caniculaires ont notamment provoqué la perte d’une partie des plants mis en terre en juin dernier, réduisant les volumes récoltés et, par conséquent, les quantités proposées à la vente. Un déséquilibre entre l’offre et la demande qui entretient la hausse des cours. Le responsable entrevoit toutefois une amélioration à partir de novembre, avec l’arrivée de la nouvelle récolte, dont l’abondance pourrait contribuer à faire baisser progressivement les prix.

Les dattes, un renfort attendu sur le marché des fruits

Du côté des fruits, les regards sont désormais tournés vers la récolte des dattes, actuellement en cours dans les exploitations agricoles. Des volumes importants sont attendus sur les marchés d’ici à la fin du mois, une perspective sur laquelle misent les grossistes pour étoffer l’offre et diversifier les produits disponibles.

Cette arrivée pourrait contribuer à atténuer la pression sur les prix des fruits, qui restent relativement élevés. Mais la baisse enregistrée au stade du gros ne se répercute pas toujours de manière équivalente sur les prix de détail, alimentant les interrogations sur les marges pratiquées tout au long de la chaîne de commercialisation.

Le concombre en fournit une illustration éloquente : alors qu’il est cédé à 50 DA le kilogramme au marché de gros d’El Kerma, son prix atteint jusqu’à 100 DA chez certains détaillants. Un écart qui relance la question de la répercussion des baisses enregistrées à la source sur le panier du consommateur.