Habib Benaouda 

Viandes, œufs et produits laitiers exposés en plein air, sans réfrigération adaptée : l’association de protection du consommateur réclame un renforcement des contrôles pour prévenir les risques sanitaires liés aux mauvaises conditions de conservation des denrées périssables.

L’association de protection et d’orientation du consommateur et de son environnement (APOCE) tire la sonnette d’alarme face aux conditions de commercialisation des produits alimentaires dans les marchés hebdomadaires. Elle appelle à renforcer les contrôles et à interdire l’exposition en plein air des denrées rapidement périssables, notamment les viandes rouges et blanches, les œufs et les produits laitiers, dont les fromages.

Ces produits sont souvent proposés sur des étals ouverts, sans équipements de réfrigération adaptés ni garanties suffisantes en matière d’hygiène et de conservation. Exposés au soleil, à la poussière et aux variations de température, ils deviennent plus vulnérables à l’altération et à la prolifération bactérienne.

La proximité des routes et des terrains non aménagés accentue les risques de contamination par les gaz d’échappement, les mouches et autres insectes. À cela s’ajoutent les difficultés à vérifier la provenance des marchandises ainsi que leurs conditions de transport et de stockage.

Le spectre des intoxications alimentaires

Ces pratiques font craindre une recrudescence des intoxications alimentaires, susceptibles de provoquer de graves troubles digestifs et des complications nécessitant une prise en charge médicale urgente. Les enfants, les personnes âgées et les individus les plus vulnérables sont particulièrement exposés.

Au-delà des conséquences sanitaires, ces incidents engendrent des dépenses médicales pour les familles et alourdissent la charge des structures de santé. L’association estime qu’une grande partie de ces risques pourrait être évitée grâce au respect des règles de conservation et à des contrôles préventifs, plutôt qu’à des interventions après constatation des infractions.

La mobilité des marchés hebdomadaires complique leur suivi régulier, notamment à Aïn El Turck, Hassi Bounif, Sidi Chahmi et El Hamri. Une coordination renforcée entre les services du commerce, les communes et les organismes concernés, ainsi que des sorties de terrain plus fréquentes, s’impose pour mieux encadrer les pratiques commerciales.

Réorganiser les espaces de vente

L’association plaide pour la réorganisation des marchés de proximité et l’aménagement d’espaces couverts répondant aux normes sanitaires. L’abandon de certains emplacements réglementaires au profit des trottoirs et des routes favorise le commerce informel et crée une concurrence déloyale pour les commerçants respectueux des règles.

Les installations anarchiques de tentes et de parasols encombrent également les espaces publics. La vente de fruits et légumes près des déchets favorise les mauvaises odeurs et la prolifération des insectes, tout en entravant la circulation.

Face à ces dérives, l’association réclame l’utilisation obligatoire des espaces réservés, l’application des sanctions réglementaires et la saisie des denrées impropres à la consommation. Elle préconise enfin de renforcer la sensibilisation à la sécurité alimentaire, en complément d’un contrôle rigoureux et permanent.