Habib Benaouda
Avec 33 carrières en activité et une production avoisinant les 6 millions de tonnes par an, la wilaya dispose d’un potentiel minier conséquent. Mais la rareté du foncier exploitable, les contraintes environnementales et le coût de l’énergie entravent la valorisation de ces ressources, au moment où l’enjeu est de renforcer la transformation industrielle, les exportations et la création d’emplois.
La valorisation du potentiel minier de la wilaya d’Oran se heurte encore à plusieurs obstacles qui limitent les perspectives d’investissement dans les industries de transformation. Malgré la diversité des ressources géologiques et la demande émanant de plusieurs filières industrielles, les contraintes foncières, énergétiques et environnementales continuent de peser sur le développement de nouveaux projets, selon des sources de la direction de l’énergie et des mines. La levée de ces entraves constitue un enjeu majeur pour dynamiser l’économie locale et élargir les débouchés à l’exportation.
Au premier rang des difficultés figure la disponibilité restreinte du foncier minier, sous l’effet de l’expansion urbaine et de l’extension des zones d’habitation vers des secteurs à fort potentiel géologique. La protection des terres agricoles, des espaces forestiers et de l’environnement réduit également les possibilités d’exploitation. À ces contraintes s’ajoutent les coûts élevés du raccordement des sites industriels aux réseaux d’électricité et de gaz, qui alourdissent les investissements et compliquent la concrétisation de nouveaux projets.
Face à cette situation, plusieurs pistes sont avancées pour concilier développement industriel et préservation des ressources naturelles. Elles portent notamment sur une meilleure intégration des gisements dans les instruments d’aménagement et d’urbanisme, l’étude de solutions d’exploitation souterraine lorsque la configuration des réserves s’y prête, ainsi que le transfert de certaines installations annexes vers les zones industrielles. L’utilisation d’équipements démontables figure également parmi les options susceptibles de réduire l’empreinte environnementale.
Des ressources au service de l’industrie
La wilaya compte 33 carrières en activité réparties sur 12 communes, sur un total de 48 carrières recensées. Leur production atteint près de 6 millions de tonnes par an, constituées notamment de calcaire, d’argile, de gypse, de gravier, de schiste et de grès rhyolitique. Ces matériaux alimentent les secteurs du bâtiment, des travaux publics et plusieurs activités industrielles, notamment celles liées à la sidérurgie et au transport.
Les performances enregistrées par certaines unités illustrent les perspectives offertes par cette filière. Les plaques de plâtre produites par le groupe Knauf dans son unité de Florès, à Ben Freha, ont généré près de 10 millions de dollars d’exportations en 2023, pour un volume dépassant 7 millions de mètres carrés.
Dans la filière du marbre, l’unité de Kristel, relevant de l’Entreprise nationale des granulats, a exporté 2 000 tonnes vers l’Espagne et la Chine l’année dernière, après une première opération de 200 tonnes à destination des deux marchés. Pour consolider cette dynamique, l’unité envisage de diversifier sa production avec l’introduction du marbre jaune et rose, à travers l’ouverture de deux nouvelles unités. Ses capacités actuelles sont estimées à 2 500 mètres cubes par an. Cette diversification vise à répondre à la demande, à élargir les débouchés commerciaux et à créer de nouveaux emplois.
L’énergie, autre défi pour les investisseurs
Le développement des industries de transformation reste également tributaire de la disponibilité de l’énergie et du coût des infrastructures. Le recours au solaire et au financement partagé des raccordements figure parmi les solutions envisagées pour alléger les charges et améliorer l’attractivité des sites.
Parallèlement, Oran poursuit ses efforts pour élargir son offre foncière industrielle et accueillir de nouveaux projets, notamment ceux portés par les jeunes entrepreneurs et les start-up. Depuis 2011, 1 484 dossiers d’investissement ont été déposés, dont 876 ont été acceptés.
La capacité à lever les contraintes liées au foncier, à l’énergie et à l’environnement sera déterminante pour transformer les ressources minières en valeur ajoutée, renforcer les exportations et consolider le positionnement d’Oran comme pôle industriel majeur du pays.




