Le Maroc,  la source avérée des drogues mortifères

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Wassila. B

L’opération menée par le Service central de lutte contre le trafic illicite de stupéfiants (SCLTIS) restera comme l’une des plus spectaculaires de l’histoire de la police algérienne. En saisissant 10,4 millions de gélules de Prégabaline et 33,4 kilos de cocaïne, soit une valeur marchande estimée à près de 1 000 milliards de centimes, les services de la Sûreté nationale ont infligé un coup d’une rare ampleur aux réseaux criminels transnationaux. Ce bilan, qui s’inscrit dans une dynamique plus large de 43,4 millions de comprimés psychotropes interceptés en 2025, n’est pas un coup de chance : il est le fruit de sept mois d’une enquête minutieuse, d’un travail de renseignement pointu et d’une coordination exemplaire entre les enquêteurs du SCLTIS et les forces spéciales du GOSP. L’arrestation simultanée de 25 suspects dans cinq wilayas, dont une femme et un ressortissant étranger, témoigne d’une maîtrise opérationnelle qui force le respect et mérite d’être saluée sans réserve.

Pourtant, cette victoire éclatante de la police algérienne révèle une vérité aussi gênante que récurrente : la drogue saisie provient très majoritairement du Maroc. Les barons marocains, installés sur leur sol, dirigeaient ce trafic en s’appuyant sur des relais à Dubaï pour la gestion des fonds et en France pour la logistique. Ce constat n’est pas nouveau, mais il prend ici une acuité particulière au vu de l’ampleur historique de la saisie. L’Algérie ne peut pas, à elle seule, endiguer un flux qui naît au-delà de ses frontières. Chaque interception massive est une preuve supplémentaire que le royaume voisin constitue une plaque tournante de la production et de l’acheminement des psychotropes vers l’Algérie. Il devient dès lors impossible d’ignorer cette dimension géographique dans l’analyse du fléau, et tout discours visant à la minimiser relèverait de la complaisance, sinon du déni.

Au-delà des chiffres et des prouesses techniques, c’est la détermination sans faille des policiers algériens qui mérite d’être soulignée. Remonter les filières, identifier les commanditaires, saisir dix-neuf véhicules, dont un camion-citerne, et confisquer plus de 1,5 milliard de centimes issus des revenus criminels : rien n’a été laissé au hasard. La présentation rapide des prévenus devant le pôle pénal spécialisé de Sidi M’Hamed, à Alger, prouve également que l’État algérien agit dans le cadre strict de la loi, avec fermeté et transparence. Ce professionnalisme est un rempart contre le narcotrafic et un message clair adressé aux trafiquants : le territoire algérien n’est pas, et ne sera jamais, un sanctuaire pour leurs activités illicites.

L’Algérie a fait sa part, et au-delà, en engageant des moyens humains et techniques considérables. La communauté internationale, qui suit ces affaires avec attention, ne peut fermer les yeux sur une réalité documentée et répétée. En attendant, chaque saisie record est à la fois une fierté pour l’Algérie et un avertissement : la source marocaine du poison est connue.