Un jour historique pour la cause sahraouie

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Wassila. B

C’est un moment charnière dans l’histoire de la décolonisation. Jeudi 15 octobre, la Quatrième Commission de l’Assemblée générale des Nations unies a adopté un projet de résolution réaffirmant solennellement le droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination. Ce vote, intervenu à une écrasante majorité de 152 États membres, constitue une victoire éclatante pour la légalité internationale et pour tous ceux qui, depuis des décennies, refusent de voir le Sahara occidental relégué aux oubliettes de l’histoire. Il consacre l’aboutissement d’un combat sans relâche, mené notamment par l’Algérie, pour que jamais ne soit étouffé le droit d’un peuple à disposer de lui-même.

Le texte adopté ne se contente pas de rappeler des principes : il les inscrit dans le cadre juridique le plus solennel qui soit. En s’appuyant sur la Charte des Nations unies et sur la résolution 1514 (XV) du 14 décembre 1960, portant Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux, la résolution consolide le cadre dans lequel l’ONU appréhende le dossier sahraoui : celui d’un processus de décolonisation inachevé. Elle réaffirme que le peuple sahraoui doit pouvoir exercer son droit à l’autodétermination conformément à la légalité internationale, y compris aux résolutions du Conseil de sécurité. Ce vote atteste l’importance du respect des engagements onusiens en matière de décolonisation et le rejet de toute approche qui contournerait le droit fondamental des peuples sous domination coloniale à choisir librement leur avenir politique.

Face à cette avancée, le Maroc s’est employé à présenter une lecture erronée du texte, prétendant qu’il consacrerait la thèse de l’« autonomie ». Or, la résolution ne contient aucune référence à un quelconque « plan d’autonomie ». Quant à l’expression « territoires non autonomes », elle n’emporte aucune adhésion à la position marocaine : elle renvoie au statut juridique de ces territoires au sein du système onusien, c’est-à-dire à des espaces dont les populations n’ont pas encore pu exercer leur droit à disposer d’elles-mêmes. Cette interprétation erronée trahit surtout l’isolement de Rabat et l’étroitesse de sa marge de manœuvre diplomatique. Plus encore, le vote marocain en faveur du texte vaut reconnaissance de son contenu et contredit les efforts déployés pour imposer une lecture unilatérale qui occulte le droit du peuple sahraoui à déterminer librement son avenir.

Au lendemain du vote, un responsable du Front Polisario a salué une réponse « forte et claire » aux tentatives de l’occupant marocain de dénaturer la nature juridique de la question sahraouie. Cette adoption rappelle ainsi que le Sahara occidental demeure une question de décolonisation, inscrite à l’ordre du jour de l’ONU. Un règlement juste et durable passe nécessairement par le respect du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, loin de toute tentative de contourner la légalité internationale ou d’imposer des solutions étrangères à sa libre volonté. Ce jour historique n’est pas une fin, mais une étape décisive : celle où la communauté internationale réaffirme, avec force et clarté, que la liberté et la dignité d’un peuple ne se négocient pas.