Habib Benaouda
Le wali d’Oran, Brahim Ouchene, a mis fin aux fonctions du directeur du Village méditerranéen, Mohamed Dahoumane, en sa qualité de président du conseil d’administration de l’Établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) gestionnaire de cette infrastructure. Une décision qui intervient à l’issue d’une évaluation ayant conclu à des résultats jugés insuffisants au regard des objectifs assignés à cet équipement touristique stratégique.
Selon des sources concordantes, l’évaluation a mis en évidence un décalage entre les ambitions affichées pour le développement du Village méditerranéen et les performances effectivement enregistrées. Les insuffisances relevées concerneraient aussi bien la qualité des prestations que le rythme d’exécution des opérations de réhabilitation et de modernisation engagées en prévision de la saison estivale.
Considéré comme l’un des principaux équipements d’hébergement relevant des collectivités locales, le Village méditerranéen occupe une place centrale dans la stratégie de la wilaya visant à renforcer l’attractivité touristique d’Oran. Les autorités locales ambitionnaient d’en faire une référence en matière d’accueil et de gestion, à la hauteur de la dynamique engagée pour promouvoir le tourisme intérieur.
Il s’agit de la deuxième éviction de Mohamed Dahoumane de la tête de cet établissement. Déjà relevé de ses fonctions sous le mandat de l’ancien wali Samir Chibani, avant d’être remplacé par un cadre venu de Tipasa, il avait ensuite retrouvé son poste après avoir exercé comme directeur adjoint auprès de son successeur. Ce retour devait permettre d’insuffler une nouvelle dynamique à l’établissement. Selon les mêmes sources, les résultats obtenus n’ont toutefois pas répondu aux attentes des autorités.
Le complexe dispose de plusieurs centaines de chambres et d’appartements et contribue, chaque année, à l’effort d’hébergement des estivants. Cette saison, la capacité d’accueil de la wilaya est passée de 29 à 32 établissements, représentant près de 4 800 lits. Malgré les travaux de réhabilitation, d’embellissement et d’aménagement réalisés avant l’été, ainsi que le programme de remise à niveau annoncé, les améliorations constatées sur le terrain n’auraient pas été jugées à la hauteur des objectifs fixés.
Au-delà de ce changement à la tête du Village méditerranéen, cette décision traduit une orientation désormais clairement assumée par les autorités de la wilaya : faire prévaloir la culture du résultat dans la gestion des établissements publics locaux. Le maintien des responsables est désormais appelé à être évalué à l’aune de leurs performances et de leur capacité à concrétiser les objectifs assignés.
La nomination d’un nouveau directeur est attendue dans les prochains jours. Plusieurs observateurs estiment qu’un profil issu du management hôtelier serait à même de valoriser le potentiel de cette infrastructure et de lui permettre de jouer pleinement son rôle dans la consolidation de l’offre touristique d’Oran.

