Zitouni Mustapha
Alors que tous s’attendaient à la reprise des cours dans les universités d’Oran, à l’instar des autres Facs du pays, juste après les vacances de printemps, les étudiants avaient d’ores et déjà annoncé le prolongement du mouvement de grève. Mais tous les étudiants n’étaient pas tout à fait d’accord avec cette décision de prolonger la grève, une décision imposée et prise unilatéralement par quelques représentations estudiantines, nous laissent entendre quelques étudiants qui ne se reconnaissent pas dans ces syndicats autoproclamés.
La seule revendication apparue depuis ce jour de reprise d’après la fin des vacances de printemps, faisait état en ce 10 mars, d’un autre débrayage qui fait suite à la décision du ministère de l’Enseignement Supérieur de leur avoir octroyé plus de 25 jours de vacances. Une raison qui ne tient pas la route pour bon nombre d’étudiants désireux de reprendre au plus vite leur cursus notamment que l’ensemble des universités ont accusé un important retard, comme nous le précisent un certain nombre d’étudiants, à l’image de ce groupe d’étudiants rencontrés à l’université de Belgaid à Oran, qui nous font remarquer «depuis quelques temps, on ne sait même plus pourquoi on fait grève.»
Une étudiante du même groupe nous dira pour sa part : «Ce sont des étudiants en fin de cursus, maintes fois en rattrapage qui ne veulent pas quitter l’université et qui nous imposent des grèves : pour régler leur propres affaires personnelles,» des propos qui ne sont pas isolés et qui sont repris par de nombreux autres étudiants qui ne se reconnaissent pas dans les représentations estudiantines qui semblent obéir à d’autres considérations. Il faut préciser que ces débrayages au niveau des universités datent de bien avant le soulèvement populaire depuis le 22 février et la conjoncture qui s’en est suivie. Certes, les étudiants à travers le pays ont décidé du jour du mardi pour manifester leur colère contre le système et sur ce point, la majorité des étudiants adhèrent à ces manifestations du mardi, mais le reste de la semaine, beaucoup espèrent reprendre les bancs des amphis au plus vite. Par ailleurs, la réponse des étudiants est venue aussi suite à l’erreur faite par le ministère de l’Enseignement Supérieur qui aura en partie provoqué et contribué à ce soulèvement des étudiants. Forcés de partir en vacances le 10 mars dernier pour plus de 25 jours au lieu des 15 jours habituels, en raison de leur forte implication dans le mouvement populaire depuis le 22 février dernier, les étudiants prouvent une nouvelle fois que, tout comme la rue, ils ont senti la ruse et ont décidé de manifester jusqu’au départ du système.
La reprise des cours qui était prévue n’a donc pas eu lieu et les étudiants risquent de paralyser les universités pour un long moment.
Dans ce cadre, les étudiants ont lancé un sondage les sites des réseaux sociaux pour connaître les avis des uns et des autres, le résultat aura donné plus de 60% des étudiants qui sont pour la grève et seulement 30 % ont voté pour la reprise des cours. Des sondages similaires ont été lancés sur Facebook par des universités sur le territoire national, il semble selon les étudiants toujours, que pour le moment, seules quelques universités ont annoncé un mouvement de grève, notamment pour accompagner le mouvement populaire.



















