Wassila. B
Le ministère de l’Éducation nationale a dévoilé un nouveau dispositif de formation spécialisée destiné aux futurs enseignants, marquant une étape importante dans la professionnalisation du métier. Désormais, l’accès effectif aux postes budgétaires sera conditionné par la réussite à un examen final, organisé à l’issue d’un parcours de neuf mois alliant enseignements théoriques et stage pratique.
Cette mesure, formalisée par une circulaire ministérielle, prévoit que les candidats suivent une formation structurée, au cours de laquelle ils seront évalués à travers plusieurs modalités. Le contrôle continu, le stage pratique ainsi que la rédaction d’un rapport ou d’un mémoire de fin de formation, selon le grade visé, comptent chacun pour un coefficient. L’examen final, lui, est doté d’un coefficient trois. Pour être admis et nommé stagiaire dans le grade concerné, les candidats devront obtenir une moyenne égale ou supérieure à 10 sur 20. Ceux qui ne valideraient pas leur parcours pourront, selon la réglementation, être autorisés à reprendre tout ou partie de la formation, ou être définitivement écartés.
Ce parcours concerne aussi bien les enseignants du primaire, du moyen et du secondaire que certains corps spécifiques, tels que les intendances et les conseillers d’orientation scolaire et professionnelle. Reste une question en suspens : ce dispositif s’appliquera-t-il aux lauréats du concours des enseignants 2025, organisé la semaine dernière ? Les postes budgétaires étant déjà ouverts, une application immédiate pourrait entraîner un décalage dans leur pourvoi et créer un manque à gagner pour le système éducatif. Pour Youcef Ramdani, spécialiste des questions pédagogiques, cette réforme est essentielle. Elle vise à combler les lacunes pédagogiques des diplômés universitaires en les préparant mieux aux réalités de la classe. Il rappelle que, jusqu’ici, les formations pédagogiques étaient souvent organisées pendant les vacances scolaires, ce qui en limitait la portée. Ce nouveau dispositif, plus long et plus structuré, devrait permettre aux enseignants de maîtriser pleinement les outils didactiques, la gestion de classe et les méthodes d’évaluation, contribuant ainsi à l’amélioration du niveau des apprentissages.
Il précise que les diplômés des Écoles normales supérieures ne sont pas concernés par ce dispositif, leur formation initiale intégrant déjà un cursus pédagogique complet qui les prépare directement à l’exercice du métier.
Cette réforme ne constitue pas une mesure isolée. Elle s’inscrit dans une série de réformes engagées ces dernières années pour améliorer la qualité de l’enseignement. Le ministère de Mohamed Seghir Sadaoui a progressivement mis l’accent sur la professionnalisation du métier d’enseignant, à travers le renforcement de la formation initiale et continue, l’introduction de nouveaux programmes et référentiels pédagogiques axés sur les compétences, ainsi que la modernisation des pratiques d’enseignement, notamment par l’intégration du numérique éducatif. Cette dynamique s’est également traduite par une amélioration des conditions d’encadrement, un recours accru à l’inspection pédagogique, ainsi que par des efforts en matière de réhabilitation des établissements scolaires et de développement des infrastructures. Le ministère de l’Éducation entend ainsi placer durablement la formation spécialisée au cœur du recrutement, en instaurant un cadre structuré et exigeant, à même de garantir une meilleure qualité de l’enseignement et de répondre aux défis croissants du système éducatif national. Des textes et circulaires explicatives sont attendus prochainement pour préciser les modalités de mise en œuvre et le calendrier applicable.




