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Filière ovine: L’Algérie ouvre ses portes aux moutons américains

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Wassila. B

Après avoir accueilli des vaches en provenance des États-Unis, l’Algérie franchit une nouvelle étape dans son partenariat agricole avec Washington en autorisant l’importation de moutons américains destinés à l’abattage. L’ambassade des États-Unis à Alger a officialisé ce lundi 15 juin un accord historique qui élargit le spectre des échanges agroalimentaires entre les deux pays, jusque-là concentrés sur les céréales et les bovins. Cette décision, qui suscite à la fois espoir et interrogation chez les éleveurs locaux, s’inscrit dans une stratégie gouvernementale visant à sécuriser l’approvisionnement en viande rouge face à une demande intérieure en constante augmentation.

La mesure intervient dans un contexte de tension sur les prix de la viande locale, qui ont atteint des sommets inédits, dépassant les 3 000 DA le kilo. Pour faire face à cette flambée, les autorités algériennes ont déjà importé un million d’ovins en provenance de Roumanie et d’Irlande à l’occasion de l’Aïd-el-Adha 2026, mais ces opérations ponctuelles ne suffisent plus à stabiliser durablement le marché. L’ouverture au marché américain, réputé pour la qualité sanitaire et génétique de son cheptel, vise à diversifier les sources d’approvisionnement et à introduire une concurrence susceptible de faire baisser les prix à la consommation. La représentation diplomatique américaine voit dans cet accord un « nouveau chapitre important » du partenariat agricole bilatéral, renforçant la position des États-Unis comme fournisseur fiable de bétail de haute qualité.

Parallèlement à ces importations ovines, l’Algérie poursuit son mégaprojet d’implantation d’une ferme géante à Adrar, dans le Sahara occidental, en partenariat avec le groupe qatari Baladna. Ce dernier a annoncé fin avril l’importation de 30 000 vaches américaines, acheminées via un pont aérien de 109 vols reliant neuf États américains à la ville d’Adrar, à partir de novembre prochain. Cette opération logistique d’envergure, qui s’étalera sur dix mois, représente un investissement de 635 millions de dollars et s’inscrit dans la vision stratégique de l’Algérie pour atteindre l’autosuffisance en produits laitiers et en viande rouge. La mise en place de cette filière d’importation massive témoigne de l’ambition du pays de structurer une industrie d’élevage moderne et compétitive.

Cependant, ces importations massives ne font pas l’unanimité et soulèvent des questions légitimes quant à l’impact sur l’élevage traditionnel algérien et sur la souveraineté alimentaire du pays. Des professionnels du secteur appellent à un accompagnement renforcé des éleveurs locaux pour qu’ils puissent faire face à la concurrence étrangère, tout en plaidant pour des mesures incitatives à la modernisation des fermes nationales. Le gouvernement, conscient de ces enjeux, assure que ces importations sont temporaires et vise à réguler un marché devenu chaotique, tandis que des programmes de soutien à la filière viande rouge sont en cours d’élaboration pour renforcer la résilience du secteur. 

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