Allocution de Tebboune au Sommet Russie-Afrique à Moscou – « L’amitié algéro-russe est au plus haut niveau »

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Wassila. B

Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a précisé, jeudi, une allocution aux participants au troisième Sommet Russie-Afrique, tenu à Moscou (Russie), lu par le Premier ministre, M. Sifi Ghrieb.  « Il m’est particulièrement agréable, en préambule de cette allocution, d’adresser au Président Vladimir Poutine ainsi qu’au peuple russe ami, au nom de l’Algérie, peuple et gouvernement, mes remerciements pour l’accueil chaleureux et pour la bonne préparation de ce Sommet. Je tiens également à remercier l’Union africaine (UA) et sa Commission pour les efforts déployés en vue de coordonner les positions africaines », a affirmé le président Tebboune.

« Il m’est tout aussi agréable, à cette occasion, de vous transmettre les salutations de M. Abdelmadjid Tebboune, président de la République, qui a chargé notre délégation de porter un message clair : l’Algérie est convaincue de l’importance des relations entre notre continent et ses partenaires et considère, à cet égard, la Fédération de Russie comme l’un de ses partenaires fiables. Mon pays œuvre également à traduire ces relations en une coopération fructueuse et durable, au service des intérêts communs de nos peuples », a indiqué le président de la République.

« Nous sommes réunis aujourd’hui à l’occasion de ce troisième Sommet, après ceux de Sotchi en 2019 et de Saint-Pétersbourg en 2023, afin d’évaluer les réalisations concrétisées et de déterminer les domaines nécessitant davantage de coordination, ainsi que les priorités de la prochaine étape. La participation de l’Algérie à ce rendez-vous confirme son engagement constant à poursuivre ses efforts pour renforcer cette dynamique, convaincue que les relations internationales doivent être fondées sur l’égalité, le respect mutuel et les intérêts communs, loin de toute logique d’unilatéralisme et de tutelle », a souligne le chef de l’État.

« Le monde connaît aujourd’hui des mutations profondes et sans précédent, marquées par la montée des tensions internationales et par l’imbrication des défis sécuritaires, économiques et environnementaux. Dans ce contexte troublé, la nécessité d’intensifier les efforts pour bâtir un ordre international plus juste et plus équitable se fait plus pressante que jamais », a ajouté le président Tebboune.

« L’Algérie, qui a eu l’honneur d’assumer ses responsabilités de membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies au cours des deux dernières années, réaffirme la nécessité de réformer le système des Nations unies, notamment le Conseil de sécurité, afin de réparer l’injustice historique dont l’Afrique est victime, conformément aux résolutions et aux positions communes de l’Union africaine, en particulier le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte. La réforme du Conseil de sécurité n’est plus une simple question de négociation où les acquis sont réalisés en contrepartie de concessions, mais constitue désormais une question de justice et un véritable test pour la légalité internationale », a poursuivi le président.

Solutions africaines aux problèmes africains

« Au milieu de ces mutations, notre continent africain s’affirme comme un acteur incontournable. L’Afrique qui a toujours prôné le principe des « solutions africaines aux problèmes africains », réaffirme aujourd’hui son attachement indéfectible à ce principe à travers son organisation continentale, l’Union africaine, forte des cadres et des mécanismes régionaux concernés par les questions de paix et de sécurité », a encore affirmé le chef de l’État.

« Notre continent, riche d’une histoire de lutte contre toutes les formes de colonialisme, d’exploitation et d’imposition du fait accompli, demeure attaché au principe d’autodétermination conformément à la légalité internationale. Nous tenons à réaffirmer ici que la consolidation de la sécurité et de la stabilité sur notre continent passe impérativement par l’élimination des derniers vestiges du colonialisme en Afrique, à savoir la question du Sahara occidental. L’Algérie salue les efforts déployés par le Conseil de sécurité, qui ont abouti à la reprise des négociations entre les deux parties au conflit au début de cette année, sous l’égide des Nations unies », a poursuivi le président Tebboune.

« Tout en saluant cette démarche, nous saisissons cette occasion pour exprimer notre reconnaissance à la Fédération de Russie pour sa position constante et de principe en faveur du droit à l’autodétermination, ainsi que pour son engagement ferme à soutenir le processus onusien et les efforts de l’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies, en vue de parvenir à un règlement politique juste, durable et mutuellement acceptable, conformément aux principes de la Charte des Nations unies et aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité », a-t-il ajouté.

« L’Algérie réitère également son soutien à ce processus et affirme qu’une solution juste et durable ne saurait prospérer que dans le cadre d’une solution politique consensuelle garantissant au peuple sahraoui son droit authentique à l’autodétermination conformément à la légalité internationale », a encore souligne le président Tebboune.

« Dans le même contexte, nous réaffirmons que les ingénieurs étrangers illégitimes dans les affaires intérieures des Etats africains, quels qu’en soient les prétextes, ne font que alimenter les foyers de tension, accentuer les divisions et éterniser les crises, menaçant ainsi la paix et la sécurité régionales et internationales, entraînant les processus de développement et épuisant les ressources de nos peuples », a-t-il noté.

« Nous estimons que la véritable stabilité ne peut être importée ni imposée par la force. Elle est l’aboutissement naturel du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des Etats, et d’un dialogue politique inclusif conduit par les enfants du pays eux-mêmes.

Lutte contre le terrorisme

La lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière organisée ne réussira pas par les seuls moyens sécuritaires. Elle exige de s’attaquer aux causes profondes de ces phénomènes, notamment par la création d’emplois et l’amélioration des conditions de vie », a souligné le chef de l’État.

 « Concernant les grands projets structurants, l’Algérie œuvre à faire de ces projets plus que de simples slogans en passant à l’étape de la concrétisation effective. En juin 2026, le lancement des travaux du tronçon algérien du gazoduc transsaharien (Algérie-Niger-Nigeria) a été annoncé depuis l’Adrar, ce qui permettra de renforcer la sécurité énergétique régionale et internationale et offrira d’immenses opportunités de développement aux pays de transit », a précisé le chef de l’État.

« Nous soulignons également l’importance de la route transsaharienne, qui ouvrea de nouvelles perspectives commerciales entre les pays du Nord et du Sud, ainsi que le projet de la dorsale transsaharienne à fibre optique, qui contribuera à connecter le continent aux réseaux de télécommunication modernes et à réduire la fracture numérique. Ces projets et les initiatives visant à opérationnaliser la ZLECAf constituent la pierre angulaire de la construction d’une Afrique prospère et intégrée, capable d’être un partenaire actif de l’économie mondiale », a-t-il dit.

« Dans cette optique, nous invitons nos partenaires russes, gouvernement et opérateurs économiques, à tirer parti de cette dynamique en investissant dans les secteurs vitaux tels que l’énergie, les mines, l’agriculture, la transformation numérique et les infrastructures, en particulier dans le cadre de nos efforts conjoints visant à développer les chaînes de valeur ajoutée sur le continent. L’expérience a démontré que la coopération russo-africaine, lorsqu’elle s’inscrit dans une vision stratégique intégrée, est à même de générer des gains tangibles pour les deux parties », a indiqué le président.

« L’Algérie et la Russie entretiennent des relations historiques solides, consacrées par la Déclaration de partenariat stratégique approfondie, signée en 2023, et soutenues par une coopération de longue date dans le cadre de l’OPEP+ et du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF). Nous estimons qu’un véritable partenariat avec les partenaires internationaux, y compris la Russie, repose sur le principe de complémentarité et de renforcement des capacités propres, permettant de produire de la richesse et des emplois au niveau local, plutôt que de se limiter à l’exportation de matières premières. C’est le partenariat que nous souhaitons pour notre pays et notre continent : équilibré, mutuellement bénéfique et respectueux des choix de chaque partie », a-t-il souligné.

« Dans un monde multipolaire, l’Algérie appelle à la poursuite de la coordination avec la Fédération de Russie dans les forums internationaux sur les questions d’intérêt commun, au premier rang dont figure la cause palestinienne. Plus d’un an après l’instauration du cessez-le-feu à Ghaza, les violations se prolongent, la situation humanitaire reste critique et la seconde phase de l’accord piétine. La paix ne saurait prévaloir dans la région, où les foyers de tension s’étendent, sans permettre au peuple palestinien de jouir de son Etat indépendant avec El-Qods pour capitale », a ajouté le président.

 « Relever ces défis exigent un véritable engagement international, à travers l’octroi d’un appui financier et technique aux pays africains, conformément au principe des « responsabilités communes mais différenciées », et la concrétisation des engagements issus des récentes conférences sur le climat, notamment la Conférence de Belém (COP30), en actions tangibles. Cette problématique rejoint opportunément le thème de l’eau et de l’assainissement retenu par l’UA pour l’année 2026 », a fait remarquer le chef de l’État.

« En conclusion, je réitère à votre Excellence mes remerciements et ma gratitude, en réaffirmant que l’Algérie demeurera un partenaire sincère et fiable pour quiconque œuvre à l’édification d’un avenir meilleur pour notre continent et nos peuples. Nous souhaitons que les travaux de notre Sommet aboutissent à des résultats concrets, contribuant au renforcement du partenariat stratégique russo-africain et posant des fondements solides pour une coopération fructueuse et durable, au service de la sécurité, du développement et de la prospérité de nos peuples amis », a conclut le président Tebboune.