S Hadjar
Le patrimoine historique d’Oran s’apprête à retrouver une place centrale dans la vie culturelle et touristique de la ville. Le Palais du Bey-Mohamed-El-Kébir, situé dans le vieux quartier de Sidi-El-Houari, fait l’objet d’une opération de restauration d’envergure, annoncée par la direction locale de la Culture et des Arts. Cette initiative, inscrite dans le cadre de l’exercice financier 2026, illustre la volonté des autorités de préserver et de valoriser les monuments emblématiques de la cité portuaire.
Le projet concerne l’ensemble du palais classé patrimoine national, mais également ses remparts, ses tours de défense, ses écuries et les aménagements extérieurs qui entourent le site. « Le cahier des charges a été élaboré et déposé auprès de la commission des marchés pour la sélection de l’entreprise chargée de la restauration », a précisé Djamel-Eddine Barka, chef du service du patrimoine cité par l’APS. Compte tenu de l’ampleur des travaux, le projet sera déployé en trois phases, avec un suivi assuré par le bureau d’études ayant supervisé les travaux d’urgence réalisés pour prévenir les risques d’effondrement.
Un chantier ambitieux pour protéger l’histoire
Ces travaux techniques et d’ingénierie ont déjà permis de consolider les parties fragilisées, de stopper la dégradation structurelle et de protéger les toitures contre les intempéries. Des colonnes en bois soutenues par des supports en fer ont été installées dans différentes ailes du palais pour renforcer la structure, tandis que les bâtiments annexes, tels que le hammam historique et le Donjon rouge, bénéficient eux aussi d’une protection renforcée.
Des retombées culturelles et touristiques majeures
La restauration du Palais du Bey s’inscrit dans un programme plus vaste mené par la wilaya d’Oran pour redonner à ses monuments historiques leur éclat d’antan. Sous l’impulsion du wali Brahim Ouchene, la mise en valeur de sites emblématiques comme la mosquée du Pacha, le théâtre régional Abdelkader Alloula ou le musée et mémorial dédié à l’émir Abdelkader vise non seulement à préserver l’histoire, mais aussi à renforcer l’attractivité touristique de la ville.
Au-delà de la conservation patrimoniale, ces initiatives génèrent des retombées économiques et sociales significatives. La rénovation des monuments historiques favorise le tourisme culturel, crée des emplois dans le secteur de la construction et de la restauration, et dynamise les commerces et services autour des sites restaurés. Elle contribue également à l’amélioration du cadre de vie des habitants, en réhabilitant des quartiers anciens et en valorisant le paysage urbain.
Le Palais du Bey, construit en 1792 à l’intérieur du fort espagnol « Rosalcazar » par le Bey Mohamed El Kébir Ben Othmane, est un témoignage majeur de l’histoire oranaise. Avec ses multiples ailes, ses tours de surveillance, son diwan et ses chambres d’apparat, il incarne le patrimoine architectural et culturel de la ville. Relié à plusieurs sites historiques voisins par un réseau de tunnels, le palais illustre la richesse de l’histoire locale et l’importance de sa préservation pour les générations futures.
En plaçant la sauvegarde du patrimoine au cœur de sa politique, la wilaya d’Oran démontre que le développement urbain et culturel peut s’appuyer sur l’histoire et l’identité de la ville. La restauration du Palais du Bey n’est pas seulement un chantier de pierre et de bois : elle est le symbole d’une ville qui se réapproprie son passé pour construire son futur, tout en faisant rayonner son histoire au-delà des frontières régionales.




