Meriem B
Ouvertes ce 19 avril pour deux jours, les premières Journées scientifiques d’anatomie clinique de l’Établissement hospitalier universitaire (EHU) « 1er Novembre 1954 » d’Oran mettent en lumière les profondes mutations que connaît cette discipline à l’ère du numérique. Placée sous le slogan « L’anatomie à l’ère du numérique », la rencontre réunit médecins, enseignants et experts venus de plusieurs régions du pays autour des nouvelles technologies appliquées à la formation et à la pratique médicale.
Au niveau du bloc pédagogique de l’établissement, l’événement s’impose comme un espace d’échanges consacré aux avancées de la modélisation 3D, de l’intelligence artificielle et des outils de simulation. Pour le professeur Moualek Samir, chef de service d’anatomie et président de ces journées, cette évolution marque un tournant décisif. « L’anatomie connaît aujourd’hui une transformation importante grâce à l’apport du numérique dans la compréhension du corps humain », a-t-il souligné. Parmi les principaux axes abordés figurent la numérisation tridimensionnelle des structures anatomiques, le traitement avancé de l’image ainsi que la planification préopératoire.
Sécuriser l’acte chirurgical
Au cœur des débats, la question de la sécurité du patient occupe une place centrale. Les outils numériques permettent désormais d’anticiper les gestes opératoires grâce à une visualisation détaillée des structures anatomiques. Le professeur Toumi, président du conseil scientifique de l’EHU, insiste sur l’apport de la modélisation en 3D dans ce domaine. « Elle permet d’anticiper d’éventuelles anomalies anatomiques et de mieux préparer l’intervention, contribuant ainsi à réduire les risques opératoires », explique-t-il.
Cette évolution se traduit également dans la pratique quotidienne des chirurgiens. Le professeur Kasmi Rachid, chef du service de chirurgie thoracique, met en avant l’apport des blocs opératoires intégrés, équipés d’écrans permettant d’afficher des images tridimensionnelles des organes. « Ces outils offrent une meilleure visualisation et facilitent des gestes plus précis, notamment lors d’interventions délicates comme celles touchant le poumon », indique-t-il.
Le génie algérien à l’honneur
L’événement a également mis en lumière le savoir-faire technologique national. Une attention particulière a été portée à la table de dissection numérique conçue par la startup algérienne Digiroots. Cet outil de simulation, déjà déployé dans plusieurs facultés de médecine à travers le pays, permet une immersion virtuelle complète dans l’anatomie humaine.
Grâce à cette technologie, les étudiants et les médecins en formation peuvent explorer le corps humain en trois dimensions, manipuler les structures anatomiques et étudier des cas pathologiques complexes dans un environnement interactif. Une avancée qui renforce considérablement les méthodes d’apprentissage, en les rapprochant des conditions réelles sans exposition au risque clinique.
Ces outils permettent une exploration interactive du corps humain et l’étude de cas pathologiques complexes dans un environnement virtuel. Le directeur général adjoint de l’EHU, Mohamed Hebri Kadi, considère ces technologies comme une avancée déterminante. Elles contribuent, selon lui, à améliorer la qualité de la formation en offrant aux résidents des conditions d’apprentissage proches de la réalité clinique.
Vers une médecine prédictive
Les échanges ont également porté sur des approches innovantes, à l’image du concept de « jumeau numérique ». Cette technologie vise à créer une réplique virtuelle d’un patient afin de simuler et tester des interventions avant leur réalisation. Une perspective qui ouvre la voie à une médecine plus personnalisée et mieux maîtrisée.
En réunissant des experts venus de plusieurs facultés de médecine du pays, ces journées confirment l’intérêt croissant pour l’intégration du numérique dans les sciences médicales. À travers cette initiative, l’EHU d’Oran s’inscrit dans une dynamique de modernisation visant à renforcer la formation, améliorer les pratiques cliniques et accompagner l’émergence d’une médecine plus précise et anticipative.




