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FMI : « L’économie algérienne est solide »

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Wassila. B

Le FMI a livré, à l’issue de sa mission menée à Alger dans le cadre des consultations de 2026 au titre de l’article IV, une analyse favorable de la conjoncture économique nationale. Le FMI a mis en avant la solidité de la croissance, le maintien de perspectives positives à court terme et les efforts engagés pour diversifier l’économie et renforcer ses équilibres. L’institution a souligné que l’activité est restée solide en 2025, avec une croissance estimée à 3,9 %, soutenue par d’importants investissements, alors même que la progression du secteur des hydrocarbures est demeurée modérée.

Cette appréciation traduit d’abord la capacité de l’économie algérienne à préserver son rythme dans un environnement international instable, marqué par des tensions persistantes, des ajustements sur les marchés énergétiques et une pression continue sur les équilibres extérieurs de nombreux pays émergents. Dans ce contexte, le FMI constate que l’Algérie a maintenu une dynamique de croissance appréciable, portée notamment par l’investissement, ce qui tend à confirmer la place centrale accordée, ces dernières années, au soutien de l’activité, aux programmes d’équipement et au renforcement des capacités productives.

Le communiqué du FMI insiste aussi sur le fait que les perspectives à court terme demeurent globalement positives. Pour 2026, l’institution prévoit une croissance de 3,8 %, soit un niveau qui resterait élevé au regard du contexte régional et international. Le FMI relève en outre que la hausse des prix des hydrocarbures devrait contribuer à soutenir à la fois les exportations et les recettes budgétaires, ce qui offre à l’économie nationale un appui supplémentaire dans une phase où la consolidation des grands équilibres reste un objectif prioritaire.

L’un des enseignements les plus intéressants du communiqué du FMI tient également à l’évolution du déficit budgétaire. Celui-ci a diminué en 2025 pour s’établir à 10,5 % du PIB, grâce notamment à des dividendes élevés versés par les entreprises publiques et la Banque d’Algérie, mais aussi à l’augmentation des recettes hors hydrocarbures. Ce dernier aspect mérite d’être relevé, car il traduit une amélioration progressive de la mobilisation des ressources internes, dans le sens d’un rééquilibrage plus durable des finances publiques. Même si le déficit reste important, le FMI enregistre donc aussi des signes de correction qui ne sont pas négligeables.

Consolidation des réformes

La baisse du solde extérieur courant, mise en avant par l’institution, est rapportée à une forte poussée des importations liée, en partie, à d’importants investissements publics, ainsi qu’à une baisse des exportations d’hydrocarbures. Cette précision est essentielle, car elle évite une lecture trop mécanique de l’évolution des comptes extérieurs. Lorsque la hausse des importations accompagne l’effort d’équipement, la réalisation d’infrastructures ou l’extension des capacités de production, elle peut aussi refléter une phase d’accumulation productive, appelée à générer, à terme, davantage d’activité et de valeur ajoutée.

S’agissant de l’inflation, le FMI note une modération depuis septembre 2025, mais en précise les ressorts, en évoquant principalement la hausse du prix des matières précieuses et une augmentation modérée de celui des produits alimentaires. Là encore, le tableau dressé est moins celui d’un dérapage généralisé que d’une tension alimentée par des facteurs identifiables. Le fait que le Fonds parle d’une accélération temporaire en 2026 contribue d’ailleurs à replacer cette évolution dans une perspective conjoncturelle plutôt que structurelle.

Au-delà des données immédiates, le communiqué met surtout en lumière plusieurs points d’appui sur lesquels l’Algérie peut continuer de bâtir. Le FMI insiste sur la nécessité de poursuivre les réformes pour stimuler l’investissement privé, améliorer le climat des affaires et soutenir une croissance plus forte et plus résiliente. Mais, dans le même temps, il salue explicitement les efforts de diversification déjà engagés par le pays, notamment dans les secteurs minier et agricole. Cette reconnaissance est importante, car elle valide des orientations stratégiques de plus en plus visibles dans la politique économique nationale, avec l’ambition de réduire la dépendance aux hydrocarbures et d’élargir la base productive.

Le communiqué du FMI relève, en outre, que la position géographique de l’Algérie et sa richesse en ressources énergétiques pourraient lui permettre de renforcer son rôle sur le marché de l’énergie, à la fois en direction de l’Europe et de l’Afrique. Cette appréciation rejoint les analyses qui font de l’Algérie un acteur appelé à peser davantage dans les recompositions régionales en cours, notamment sur les questions de sécurité énergétique, d’interconnexion et de diversification des approvisionnements.

Le FMI reconnaît ainsi que le pays dispose d’atouts objectifs pour consolider sa place dans son environnement économique immédiat. Le Fonds note aussi des avancées qui touchent directement à la crédibilité du cadre économique et financier. Il juge bienvenues les premières mesures visant à diversifier les sources de financement, en citant notamment la première émission souveraine de sukuk.

Dans la même logique, la mission salue le retrait de l’Algérie de la liste grise en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, qualifié de réalisation importante et présenté comme le reflet d’une volonté affirmée de réforme. Au fond, la tonalité générale du document est celle d’une économie qui avance, avec des acquis à consolider et des ajustements à poursuivre, mais dont les perspectives immédiates restent bien orientées.

Le FMI ne minimise pas les défis liés aux déficits, au financement ou aux tensions inflationnistes, mais il reconnaît, en parallèle, la robustesse de la croissance, l’effet de soutien des investissements, l’amélioration de certaines recettes publiques, la montée en puissance de la diversification et les progrès accomplis sur le terrain institutionnel et financier.

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