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Tebboune ouvre les portes à sa diaspora savante

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Wassila. B

En à peine deux semaines, l’Algérie a posé deux jalons majeurs qui dessinent les contours d’une nouvelle gouvernance fondée sur l’excellence. Après la réunion constitutive du Haut conseil des scientifiques algériens établis à l’étranger, le 28 juin, le président Abdelmadjid Tebboune a réitéré, ce 5 juillet, lors de l’inauguration de projets stratégiques à Alger, son attachement à cette « frange » longtemps demeurée en marge des circuits décisionnels nationaux. Ce n’est pas un hasard si cette déclaration intervient alors que le pays inaugure des infrastructures de pointe (hôpital de cardiologie pédiatrique, Data center de Mohammedia) qui exigent précisément des compétences de haut niveau. En liant symboliquement la pierre et le savoir, le chef de l’État envoie un message clair : l’Algérie nouvelle ne peut plus se passer de ses cerveaux exilés.

Longtemps, la relation entre l’Algérie et sa diaspora scientifique a oscillé entre méfiance et sous-exploitation. Nombre de chercheurs formés dans les meilleures universités mondiales ont vu leurs offres de collaboration ignorées ou freinées par des lourdeurs administratives, quand ce n’était pas par un soupçon idéologique. En les élevant au rang de « conseillers personnels » et en les intégrant au cœur des choix stratégiques, M. Tebboune rompt avec cette défiance. Il ne s’agit plus d’un simple geste d’apaisement ou de rhétorique diplomatique, mais d’une véritable reconnaissance institutionnelle : le Conseil suprême de la communauté scientifique nationale à l’étranger devient un organe consultatif d’influence, capable de peser sur les grandes orientations du pays. La présence de figures comme Elias Zerhouni ou Belkacem Haba en est la plus éloquente illustration.

Le président l’a affirmé avec une insistance remarquable : « Il faut intégrer ces gens-là dans nos choix ». Cette formule, en apparence anodine, porte en elle un changement de paradigme. Elle signifie que l’expertise exogène n’est plus perçue comme une menace, mais comme un complément indispensable au savoir-faire local. En promettant de « leur ouvrir les portes afin qu’ils contribuent librement », le chef de l’État pose les bases d’un nouveau contrat : celui d’une co-construction débarrassée des pesanteurs bureaucratiques. Le vrai défi, désormais, sera organisationnel. Les scientifiques ont répondu présents ; à l’État de leur offrir un cadre agile, des moyens à la hauteur de leur ambition, et une vision claire des projets prioritaires, du spatial à la médecine en passant par le numérique.

L’enthousiasme des 31 membres fondateurs, réunis en présentiel et en visioconférence, est un capital précieux qu’il faudrait valoriser. Le président Tebboune en a conscience lorsqu’il évoque la nécessité de « régler rapidement leur problème organisationnel ». Dans un monde où la guerre des talents fait rage, l’Algérie a pris une longueur d’avance en osant miser sur sa diaspora. Cette avance se jouera sur le terrain : celle des laboratoires, des financements, des passerelles avec les universités locales, et surtout de la reconnaissance durable de ces femmes et de ces hommes qui, tout en brillant à l’étranger, n’ont jamais cessé de regarder vers leur pays. L’Algérie a besoin de ses lumières ; il lui reste à leur donner les moyens d’éclairer vraiment son chemin.

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