H. N

Le Haut Conseil de la Langue Arabe  entend renforcer les compétences rédactionnelles des journalistes face aux mutations numériques. Son président, le professeur Salah Belaïd, a annoncé, mardi, la poursuite du développement d’outils linguistiques, notamment le programme « Hadawi », destiné à promouvoir la maîtrise de la langue arabe dans les médias.

Intervenant lors d’une journée de formation consacrée à la maîtrise de la langue et à l’utilisation de l’intelligence artificielle, Salah Belaïd a souligné que l’essor des plateformes numériques et des réseaux sociaux impose aux professionnels de l’information de concilier rapidité, précision et rigueur linguistique. Le journaliste doit être « rapide sans précipitation, concis sans omission et clair sans simplification excessive », a-t-il rappelé.

Pour le président du HCLA, la formation linguistique ne doit pas se limiter à corriger les erreurs courantes. Elle doit permettre aux journalistes d’affiner leur style, de structurer leurs textes et d’adapter leur expression au support médiatique et au public ciblé.

La qualité de la langue demeure, à cet égard, un facteur essentiel de crédibilité et d’impact du message journalistique.

Abordant l’intelligence artificielle, il a relevé les possibilités offertes par ces outils en matière de traduction, de transcription audio, de résumé et de production de contenus. Leur utilisation exige toutefois discernement et vigilance : la vérification des informations, la compréhension du contexte et la relecture humaine restent indispensables avant toute publication.

Salah Belaïd a également mis en avant la coopération entre le Conseil supérieur de la langue arabe et le ministère de la Communication, fondée sur la complémentarité entre expertise linguistique et pratique professionnelle, afin d’accompagner les journalistes dans l’évolution de leur métier.

Dans le cadre de la transition numérique, le HCLA a par ailleurs constitué un corpus de onze ouvrages, mis gratuitement à la disposition des professionnels des médias pour enrichir leurs connaissances et améliorer leurs pratiques rédactionnelles, tout en réduisant le recours aux supports papier.

Le responsable a appelé les journalistes à exploiter davantage les ressources de la langue arabe et à choisir des registres d’expression adaptés à la nature du contenu et au public. Il a enfin annoncé la préparation de nouvelles initiatives visant à étendre l’utilisation de l’arabe dans les domaines scientifiques spécialisés, notamment la médecine.

À travers ces actions, le HCLA entend consolider la place de la langue arabe dans les espaces médiatique et numérique et faire de sa maîtrise un levier essentiel de professionnalisation de la presse.