La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, a indique mercredi qu’il « faudra du temps » à la France pour ramener sa dette et son déficit à des niveaux pouvant « inspirer confiance » aux marchés, alors le pays reste confronté à une situation de plus en plus difficile, entre une dette publique qui atteint des niveaux historiques et une mobilisation sociale qui s’étend.

« La France cherche actuellement à adopter un budget qui placerait son déficit et sa dette sur une trajectoire descendante », a-t-elle reconnu lors d’une conférence de presse en marge de l’assemblée annuelle du FMI à Bangkok.

« Il faudra toutefois du temps pour les ramener à des niveaux susceptibles d’inspirer confiance, une entière confiance, tant à la population qu’aux investisseurs », a-t-elle averti.

La dette publique française a atteint 3.595,5 milliards d’euros à fin juin 2026, soit 119% du PIB, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Elle a progressé de 59,6 milliards d’euros au deuxième trimestre, après une hausse de 75,8 milliards au premier.

Pour les experts, le niveau de la dette publique française n’est que la conséquence de la mauvaise gestion des finances publiques qui engendre des déficits publics permanents.

La dette française est devenue aujourd’hui, selon ces analystes, « incontrôlable autant qu’insoutenable », générant un service de la dette, devenu le premier budget de la nation, qui franchira le seuil de 100 milliards d’euros en 2029.

Cette situation limite les marges de manœuvre du gouvernement, qui doit parallèlement contenir le déficit public et financer les services publics. La trajectoire présentée par les autorités françaises prévoit une dette à 119,3% du PIB en 2026 et 121,7% en 2027, alors que le coût du financement de la dette continue de peser davantage sur les finances publiques.

L’examen du budget 2027 démarre mardi à l’Assemblée nationale française, avec l’ambition de retrouver l’an prochain un déficit à 5% du PIB. Mais son adoption apparaît très incertaine, faute de majorité et à l’approche de l’élection présidentielle.

Or, sur le marché de la dette, la France pâtit particulièrement des interrogations sur sa stabilité économique et politique: son taux d’emprunt à 10 ans s’approche des 5%.