Fatima B

À Maghnia, dans la wilaya de Tlemcen, les agriculteurs dénoncent la pollution des eaux de l’oued Mouilah, en provenance du Maroc, alors que la sécheresse continue de fragiliser leurs exploitations. Maghraoui Zitouni, secrétaire de wilaya de l’Union nationale des paysans algériens (UNPA) et membre de son Conseil national, interpelle les autorités et réclame des mesures concrètes pour résoudre ce problème et permettre la valorisation de cette ressource au profit de l’agriculture locale.
« L’oued qui arrive de chez nos voisins est empoisonné. Nous demandons aux autorités locales, à leur tête le wali, de dépêcher des experts spécialisés dans les analyses de l’eau afin d’étudier la situation et de trouver une solution », déclare-t-il, exprimant l’exaspération des agriculteurs face à des eaux qui pourraient contribuer à atténuer le déficit hydrique, mais dont la pollution compromet l’exploitation.
La situation est d’autant plus préoccupante que les ressources souterraines demeurent insuffisantes. Malgré l’amélioration du niveau du barrage de Hammam Boughrara enregistrée l’année dernière, les nappes phréatiques restent à des niveaux bas et les forages peinent à répondre aux besoins des exploitations. Dans cette région durement éprouvée par la sécheresse, la récupération et la valorisation des eaux de oued Mouilah représentent un enjeu majeur.
Le potentiel agricole concerné est considérable. Selon Maghraoui Zitouni, le périmètre irrigué couvre actuellement près de 4 200 hectares et pourrait atteindre 10 000 hectares, conformément aux projections évoquées. Une perspective qui renforce l’urgence de trouver une issue au problème de la pollution.
Sur le terrain, les inquiétudes portent également sur les conséquences pour les cultures. Le responsable de l’UNPA fait état de dommages constatés sur certaines productions agricoles et cite le cas d’un exploitant de la région susceptible de témoigner des difficultés rencontrées.
Pour les agriculteurs de Maghnia, l’objectif est désormais clair : faire prendre en charge la pollution des eaux en provenance du Maroc et obtenir une solution permettant de les exploiter sans mettre en péril les cultures, dans une région où chaque ressource hydrique compte.
